Santé

quels effets ont eu les confinements sur le poids ?


Les semaines de confinement entre mars et mai 2020 ont marqué les corps et les esprits. En ces temps bouleversés, il a fallu ajuster nos habitudes et certaines, mauvaises, ont inévitablement émergé. Quels effets ont eu le confinement et le stress sur notre alimentation et notre poids ? 

En collaboration avec

Médecin nutritionniste

Le Dr Cocaul Arnaud a fait ses études de médecine à la faculté de Nantes…

Printemps 2020. Pour la première fois, les Français ont été restreints dans leur déplacement pour lutter contre une pandémie alors toute nouvelle, celle de la Covid-19. Entre les quatre murs de nos foyers, seul ou en famille, il a fallu s’adapter à cette période difficile. Si certains d’entre nous en ont profité pour réinvestir leur cuisine ou s’essayer à la cuisson du pain, pour d’autres le premier confinement a eu des effets négatifs sur leur comportement alimentaire et, en conséquence, sur leur poids.

Plus de grignotage durant le confinement

Santé publique France a mené une enquête entre la 5e et la 8e semaine de confinement sur le comportement alimentaire de 4.000 Français âgés de plus de 18 ans. Les sondés ont répondu à plusieurs questions concernant leur habitude alimentaire durant ces temps troublés. La conclusion n’est pas surprenante : 37 % des participants, sans distinction de sexe, ont modifié leur comportement alimentaire. Pourtant les femmes sont plus nombreuses à rapporter certains comportements spécifiques comme le grignotage entre les repas, une perte d’appétit et une consommation accrue de produits gras, salés et sucrés. Les hommes comme les femmes ont déclaré avoir fait plus attention à leur poids durant le confinement et 27 % des sondés affirment avoir vu l’aiguille sur la balance pencher vers la droite.

Si les femmes semblent avoir eu une relation avec la nourriture plus compliquée que les hommes durant le confinement, la prise de poids constatée par les participants n’est pas liée au sexe, ni à l’âge. Évidemment, les mauvaises habitudes alimentaires et la diminution de l’activité sportive n’ont aidé en rien, mais le sondage met en lumière d’autres facteurs qui ont influé sur la prise de poids : une situation financière difficile, un état dépressif et des troubles du sommeil. La relation entre dépression – et une santé mentale fragile en général – et la prise de poids est étudiée depuis longtemps par les scientifiques, mais la force du lien qui lie ces deux pathologies très répandues dépend des études considérées. L’obésité est un facteur de risque de dépression, et inversement, la dépression peut aussi favoriser l’obésité. Certains concluent qu’il est plus fort chez les adultes, d’autres chez les adolescents.

Pas d’effet à long terme sur le poids des jeunes ?

Enfants et ados ont aussi vu leur monde bouleversé. Les cours à distance, l’arrêt du sport et des activités extrascolaires, tout cela a accentué le sentiment d’angoisse et de stress lié à la pandémie. Les mineurs n’ont pas été inclus dans l’enquête de Santé publique France, mais d’autres études internationales se sont intéressées à eux. En Italie, 40 jeunes patients âgés entre 2 et 18 ans pendant un des confinements qu’a connu le pays et pour eux, le poids est déjà une source d’inquiétude car ils ont un IMC moyen de 30. L’enfermement a modifié leur relation à la nourriture, favorisant la prise alimentaire. Selon l’étude, leur nombre de repas quotidien a augmenté. Malgré tout, cela n’a pas eu d’effet significatif sur leur IMC, leur glycémie, leur cholestérolémie entre autres, après le confinement. Cet épisode désagréable ne semble pas avoir eu d’effet négatif sur le long terme.

Une autre étude, menée cette fois-ci en Israël, abonde aussi dans le même sens : le confinement n’a pas modifié significativement l’IMC ni la proportion corporelle de tissus gras chez des jeunes déjà concernés par l’obésité. Il a même eu des effets positifs sur ceux en sous-poids, leur faisant gagner de la masse musculaire. Si ces travaux semblent plutôt positifs, ils ne sont pas pour autant généralisables à tous les jeunes. Les cohortes ont intégré à la fois des enfants, des pré-ados et des ados. Trois âges différents, trois stades de développement différents. La relation à la nourriture, au corps ou même à la situation sanitaire est différente pour chacun d’eux. Tout comme leur situation familiale diffère.

Les comportements alimentaires nés durant la pandémie ont-ils perduré après ? La littérature scientifique est peu bavarde à ce sujet, mais il apparaît que la santé mentale de certaines personnes a été durablement impactée par cette période amère. Pour d’autres, la situation financière reste difficile malgré la reprise de l’économie. Ces deux facteurs n’aident pas à reprendre son alimentation en main et se débarrasser des mauvaises habitudes. Le confinement n’a pas eu que des effets négatifs, certains en ont profité pour réinvestir leur cuisine et préparer des plats de A à Z, d’autres se sont fournis en produits frais et locaux directement auprès des producteurs. Mais ces bonnes habitudes n’ont pas forcément survécu au retour « à la vie normale. »

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