Politiques

la visite très commerciale d’Emmanuel Macron dans le Golfe


À Dubaï vendredi 3 décembre, Emmanuel Macron a annoncé la vente aux Émirats de 80 exemplaires de la dernière version du Rafale et de 12 hélicoptères Caracal, en échange d’un très gros chèque. Abu Dhabi est un client fidèle des industriels d’armement français. D’autres contrats sont dans les tuyaux, dans le domaine militaire bien sûr mais aussi les transports, l’énergie, les télécommunications. Bref, le chef de l’Etat arrive comme le Père Noël, avec une hotte bien remplie.

Un voyage dans lequel il parlera très peu, voire pas du tout des droits de l’homme. Alors que les Émirats, utilisateurs du logiciel espion Pegasus, restent un régime autoritaire qui vient de placer à la tête d’Interpol un général visé en France par plusieurs plaintes pour torture. Alors que le Qatar est responsable de la mort de plus de 6 500 ouvriers immigrés dans les chantiers de construction de ses stades pour la Coupe du monde de football.

Emmanuel Macron ne parlera pas non plus de la mort atroce de Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul. Ce journaliste tué puis découpé à la scie par des hommes de main du régime saoudien dans les locaux du consulat. Pire, Emmanuel Macron sera le premier dirigeant occidental à échanger en public une poignée de main avec Mohamed Ben Salman, pourtant désigné par la CIA comme le commmanditaire de cet assassinat.

Depuis cette affaire le prince héritier est devenu infréquentable, même si les États-Unis continuent les discussions en sous-mains Joe Biden refuse toujours de le prendre au téléphone. Emmanuel Macron rompt ce boycott international. L’Élysée assure qu’il ne s’agit pas d’une opération de réhabilitation de Mohamed Ben Salman. Les associations de défense des droits de l’homme ne le voient pas autrement.

Selon l’Élysée, les Saoudiens jouent un rôle trop important au Moyen-Orient pour être ignorés. Ils sont membres du G20, représentent la principale économie de la région. Toujours les mêmes arguments. Coopérer avec Riyad, comme avec Doha et Abu Dhabi, c’est “mieux lutter contre l’islamisme radical et le financement du terrorisme”. Bref, “on ne peut pas avoir de politique ambitieuse” dans la région, surtout au moment où les États-Unis se désengagent, “sans avoir de dialogue” avec eux.

L’autre raison, c’est le Liban. Sans le soutien des pays du Golfe le pays peut définitivement sombrer. Emmanuel Macron vient donc aussi demander une aide financière et humanitaire importante pour le Liban. Face à la “realpolitik”, le sort de Jamal Khashoggi ne pèse pas bien lourd.




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