Economie

« Une fois de plus, la recherche est une variable d’ajustement »

Tribune. L’Europe a su se mobiliser pour lancer un fonds de relance essentiel pour sortir de la crise sanitaire et économique. Mais, si la volonté politique est au rendez-vous, la clairvoyance stratégique fait cruellement défaut, puisque le programme-cadre pour la recherche et l’innovation voit son financement stagner. Une fois de plus, la recherche est une variable d’ajustement.

Inutile de souligner l’importance cruciale de l’investissement dans la recherche de pointe pour le futur de l’Europe, et dans sa compétition mondiale avec les Etats-Unis ou la Chine. Pourtant, l’Europe a mis sur pied des outils remarquablement efficaces. Lancé en 2007, le Conseil européen de la recherche (ERC), est l’un des piliers de la stratégie européenne.

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En choisissant de soutenir des projets proposés par les chercheurs eux-mêmes, en privilégiant des projets risqués, soutenus sur le long terme, et bien financés, en organisant une sélection par les pairs à la fois rigoureuse et ouverte aux recherches de rupture, l’ERC s’est imposé comme un standard de qualité universellement reconnu.

Nécessité d’une politique européenne de recherche

Dans les grandes universités de recherche françaises récemment saluées pour leurs percées dans le classement de Shanghaï, comme, par exemple, à l’Université PSL (Paris sciences & lettres), le nombre d’ERC obtenus par les chercheurs est considéré avec attention comme un indicateur des progrès qualitatifs de la recherche dans différents secteurs.

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Il faut savoir que dans certaines disciplines, notamment en sciences expérimentales qui ont besoin de moyens importants, la recherche française au meilleur niveau international doit sa survie à l’ERC, qui y a financé plus de 500 équipes depuis 2014.

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Face à une crise sanitaire et bientôt une crise économique, face aux enjeux de vieillissement, de réchauffement climatique, d’érosion de la biodiversité, de mutations industrielles, d’intelligence artificielle ou de traitement et de protection des données, à l’heure où les investissements privés dans la recherche risquent de baisser, une politique européenne de recherche vigoureuse est absolument nécessaire.

Hors d’un enjeu stratégique majeur

Or, avec les outils qu’elle a mis en place depuis quinze ans, l’Europe dispose d’un levier majeur, efficace et reconnu pour porter ses ambitions en matière de recherche. Alors que le plan Lamy de 2017 préconisait un soutien à hauteur de 120 milliards d’euros pour le programme-cadre Horizon Europe, les révisions successives ont abouti à un budget prévisionnel, pour la période 2021-2027, de 85 milliards d’euros, dont 5 milliards puisés dans le budget du plan de relance.

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