Economie

Les pilotes français plaident pour un prix plancher des billets d’avion

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) a plaidé mercredi 15 septembre en faveur de la mise en place au niveau européen d’un « prix plancher » pour les billets d’avion comme alternative aux écotaxes et pour éviter le « dumping environnemental et social ».

« Il est grand temps de changer de paradigme s’agissant de stratégie environnementale du transport aérien. La politique du toujours plus de taxes, la seule menée depuis des années, a montré toutes ses limites », a estimé dans un communiqué le SNPL, principal représentant des pilotes de ligne en France. Le gouvernement autrichien avait ainsi annoncé début juin qu’il allait imposer un prix de vente minimum des billets d’avion, fixé à 40 euros.

Pour le SNPL, ce mécanisme serait « vertueux » pour les consommateurs comme pour les transporteurs, car « il n’obère pas les capacités d’investissement des entreprises pour diminuer l’impact environnemental de leur activité », et en terme social, car « les compagnies les moins respectueuses du droit social de leurs salariés sont celles qui pratiquent les tarifs les plus bas, les plus déconnectés de la réalité des coûts réels du transport aérien ».

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Une écotaxe refusée par les acteurs du secteur

Cette position a été défendue par le syndicat mercredi au cours d’une réunion de concertation, organisée par le ministère de la transition écologique, pour la mise en œuvre, dans le secteur du transport aérien, des mesures issues de la convention citoyenne pour le climat.

L’une des mesures proposées par la convention vise à adopter une éco-contribution calculée en fonction de la distance parcourue. Dans une étude d’impact consultée par l’Agence France-Presse (AFP), la direction générale de l’aviation civile évalue le coût de cette mesure pour les compagnies aériennes à 4,2 milliards d’euros en 2021.

L’Union des aéroports français (UAF) a estimé mercredi qu’elle représenterait « le coup de grâce à la connectivité des territoires ». Cette organisation plaide pour « une transition énergétique du secteur accélérée et accompagnée par les pouvoirs publics : investissements dans la R&D [recherche et développement], mise en place de dispositifs incitatifs, affectation des recettes fiscales à la transition énergétique du secteur ».

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Pour la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam), l’éco-contribution représenterait « une charge insupportable pour un secteur qui joue actuellement sa survie ». Elle évalue à « 150 000 emplois directs et indirects au minimum » les pertes d’emplois qu’entraîneraient les propositions de la convention citoyenne qui, selon elle, « ignorent les enjeux de connectivité du pays et les impacts sur l’économie française ».

« Notre objectif, c’est de verdir les avions, pas de ne les rendre accessibles qu’aux riches », a de son côté estimé dans un Tweet le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, en annonçant qu’« il y aura un débat démocratique sur l’écotaxe ». Entre mars et août 2020, les aéroports français ont enregistré une chute de 81 % de leur trafic, soit 87 millions de passagers en moins, selon l’UAF.

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Le Monde avec AFP




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