Economie

« Les économistes ont inventé la reprise en K, caractéristique des grandes mutations »

Devant une agence UPS, à San Francisco, le 30 juillet 2020.

Que vaut une parole par les temps qui courent ? Larry Culp, le PDG de General Electric, ne se sent manifestement pas engagé par la promesse de son prédécesseur, conclue à l’occasion du rachat de la division énergie du groupe français Alstom. En 2014, le géant américain avait promis 1 000 créations d’emplois en trois ans. A la place, l’activité de turbine à gaz a perdu presque 500 postes à la suite de délocalisations et un plan de suppression de près de 800 postes est en gestation, selon les syndicats.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Chez General Electric, à Belfort, « le management à l’américaine est celui du rouleau compresseur »

Il faut reconnaître quelques circonstances atténuantes à Larry Culp. Le métier sur lequel prospérait son entreprise ainsi que son concurrent Alstom s’est littéralement effondré. Les turbines à gaz ne se vendent plus et, dans le domaine des barrages hydrauliques, les commandes ont été divisées par deux depuis 2011. Même sans le rachat par l’américain, le français se serait retrouvé dans de sérieuses difficultés. La crise sanitaire n’a évidemment rien arrangé en coupant les ailes du marché le plus dynamique de GE, les moteurs d’avions. Et la situation financière des Etats, et notamment des émergents, ne laisse pas prévoir d’amélioration à court terme. GE n’est pas du bon coté de la route.

Une aggravation des inégalités

C’est tout le contraire d’UPS. Le célèbre transporteur américain voit l’avenir avec enthousiasme. Il a annoncé l’embauche de près de 100 000 travailleurs saisonniers aux Etats-Unis pour assurer la saison des fêtes, d’octobre à janvier. Son compère Federal Express parle, lui, de 75 000 postes à pourvoir. Sur le lot, UPS estime qu’un bon tiers serait embauché à durée indéterminée par la suite. Et les salaires grimpent faute de trouver assez de candidats. L’engouement pour le commerce électronique est tel que la demande continue d’exploser. Le volume de paquets expédiés aux Etats-Unis a progressé de près de 25 % par rapport à l’année dernière. Eux sont du bon côté de la route, celle qui mène à la prospérité, aux investissements et aux emplois.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La bataille du e-commerce stimulée par la crise liée au coronavirus

Après avoir supputé sur les chances d’une reprise en V, descente puis rebond rapide, ou en U, voir en L ou même en W, les économistes ont inventé la reprise en K, caractéristique des grandes mutations. Une chute brutale, suivie d’une envolée forte de certains secteurs, et d’une dégringolade d’autres. Un facteur puissant d’aggravation des inégalités entre pays, entreprises et individus.

Larry Culp, lui, a assuré ses arrières pour s’inscrire personnellement sur la bonne trajectoire. Le conseil d’administration de GE a voté un assouplissement drastique de la condition d’obtention de son paquet de 230 millions de dollars en actions, pour tenir compte de la baisse des cours due à la crise. On n’est jamais trop prudent. Les promesses n’engagent que ceux qui ne savent pas en changer.

Il vous reste 0% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page