Economie

Le « staycation » rebat les cartes du tourisme européen

Sur une plage de Brighton (Grande-Bretagne), le 8 août 2020.

Chaussures de randonnée plutôt que palmes et maillot de bain. Angoissée par la pandémie, Chloé Morel a renoncé, il y a quelques semaines, à ses dix jours de vacances aoûtiennes dans le sud de l’Espagne. A la place, elle a opté pour un séjour en montagne, sur les hauteurs d’Annecy, en Haute-Savoie. « Je me doutais bien que d’autres auraient la même idée, témoigne cette trentenaire, vivant en Ile-de-France. Mais je ne m’imaginais pas croiser tant de monde sur les sentiers : c’était l’autoroute ! »

Plus bas, sur les rives du lac, trouver un coin de plage où poser sa serviette relève de l’exploit en cette mi-août. Les files d’attente s’allongent devant les marchands de glaces, et les bouchons ankylosent la circulation autour du centre-ville. « Juin et début juillet furent difficiles, mais nous avons eu un mois d’août exceptionnel, confirme Yann Clavillier, le directeur de l’office du tourisme du lac d’Annecy, rassuré. Le taux d’occupation a frôlé les 100 % dans les zones les plus prisées, les loueurs de pédalos peinaient à répondre à la demande. »

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Même soulagement en Auvergne, où la fréquentation du téléphérique ralliant le puy de Sancy, point culminant du Massif central, a bondi de 53 % en juillet, par rapport à 2019 ; à Nice, où le taux d’occupation des hôtels était presque aussi élevé que celui de l’an passé sur les deux premières semaines d’août ; ou encore en Bretagne, où le nombre de nuitées pour l’été devrait frôler les 54 millions, comme l’an passé. « La fréquentation française est venue compenser l’absence remarquée des clientèles étrangères », résume le comité régional du tourisme de Bretagne.

Capitale désertée

Voilà qui contraste fort avec la situation désastreuse observée dans les grandes villes, en particulier la capitale, désertée par les étrangers : sur les six premiers mois de l’année, le nombre de touristes, à Paris, a été de 9,4 millions, en baisse de 60 % sur un an, selon le comité régional du tourisme de Paris Ile-de-France. Les musées tournent quasiment à vide, et la saison a viré au cauchemar pour les palaces, dont beaucoup ont baissé le rideau durant l’été, faute de pouvoir accueillir la clientèle asiatique, américaine ou émiratie.

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La pandémie de Covid 19 et les restrictions de déplacement instaurées depuis le printemps ont mis un coup d’arrêt au tourisme international, qui a chuté de 56 % sur les cinq premiers mois de l’année, d’après l’Organisation mondiale du tourisme. Partout, les pertes s’annoncent douloureuses, mais les régions et Etats ne sont pas tous affectés de la même façon.

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