Economie

La justice autorise le CGD Express, la ligne directe Paris-Roissy

Le futur train rapide CDG Express entre Paris et l’aéroport de Roissy a reçu jeudi le feu vert de la justice, qui a validé en appel son autorisation environnementale, permettant la réalisation de ce projet pourtant contesté au nom de la priorité aux transports du quotidien.

L’arrêt de la Cour confirme l’utilité du projet. Il confirme le cap que le gouvernement nous a fixé d’une mise en service de la liaison d’ici début 2027″, a réagi auprès de l’AFP Alexandra Locquet, présidente du Gestionnaire d’infrastructure CDG Express.

Dans son arrêt –résumé dans un communiqué–, la Cour “considère, contrairement à ce qu’avait jugé le tribunal administratif, que le projet est justifié par une raison impérative d’intérêt public majeur, permettant de déroger aux dispositions (…) du code de l’environnement concernant la protection des espèces animales.”

Le litige qui a conduit cette affaire devant la justice concerne plus particulièrement la portion de voies nouvelles qui s’étend sur 4,4 kilomètres au niveau de Mitry-Mory (Seine-et-Marne).

Cette commune dirigée par la communiste Charlotte Blandiot-Faride avait attaqué l’arrêté préfectoral autorisant le projet à traverser des zones où vivent des espèces protégées.

Un jugement du tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) avait stoppé les travaux début novembre 2020 en annulant cette dérogation.

Les juges considéraient alors que l’infrastructure n’était pas “indispensable” au point de détruire cette biodiversité. Ils notaient en particulier que le trafic aérien avait chuté, en raison de la crise sanitaire, depuis la déclaration d’utilité publique de 2017, et s’interrogeaient sur le caractère provisoire de cette baisse.

Les porteurs du projet avaient néanmoins obtenu en mars 2021 l’autorisation de reprendre les travaux, en attendant une décision sur le fond.

Ces quelques mois d’interruption ont passablement perturbé des plannings de construction déjà émoussés par le Covid-19, si bien que le gouvernement a fini par adopter un nouveau calendrier en novembre dernier: l’objectif de mise en service a été reporté au début 2027 –avec une pause du chantier pendant les jeux Olympiques de 2024.

Le tracé du CDG Express. En reportant son lancement à fin 2025, la ministre des Transports a « fait primer l’intérêt des voyageurs du quotidien ».

Rénovation du RER

“Le projet est aujourd’hui bien avancé malgré toutes les avanies que l’on a pu subir. On a investi plus de 1,5 milliard d’euros, sur un budget de 2,2 milliards”, a remarqué Grégoire Marlot, directeur général du Gestionnaire d’infrastructure.

La ville de Mitry-Mory a encore la possibilité de faire appel de la décision du jour en se pourvoyant devant le Conseil d’Etat. Cette action ne serait toutefois pas suspensive, et le chantier pourrait continuer.

“On ne peut pas lutter contre l’artificialisation des sols et dire que protéger les espèces est une priorité absolue, et dans le même temps dire qu’il n’y a aucun problème à les détruire”, a regretté Corinne Lepage, avocate de la ville.

Aux yeux des opposants au projet, parmi lesquels des élus de gauche et des associations de défense de l’environnement, “le train des riches” se construit au détriment des transports en commun existants, qui sont en piètre état.

“Les milliards destinés à ce projet pharaonique pour créer un train réservé uniquement aux plus riches le sont au détriment de millions de voyageurs du quotidien et doivent être investis dans le RER B”, en partie parallèle, a réagi l’adjoint à la maire de Paris chargé des transports, David Belliard (EELV).

Valérie Pécresse, présidente (LR) d’Ile-de-France Mobilités, a à nouveau demandé à l’Etat de donner la priorité aux travaux de rénovation du RER B, “afin de minimiser les interruptions de service pour les Franciliens.”

Les deux sont intimement liés pour le Gestionnaire d’infrastructure, qui rappelle que son projet apporte 537 millions d’euros à la modernisation du RER.

Long de 32 km, le CDG Express doit relier directement en 20 minutes la Gare de l’Est, à Paris, et l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, avec un train tous les quarts d’heure.

Le projet est piloté par le Gestionnaire d’infrastructures CDG Express, entité détenue à parts égales par Groupe ADP (Aéroports de Paris), SNCF Réseau et la Banque des Territoires (Caisse de Dépôts).

Le train sera exploité, une fois en service, par un attelage associant Keolis (groupe SNCF) et la RATP, le matériel roulant étant fourni par Alstom.

(Avec AFP)


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