Economie

Il faut « instaurer une démocratie alimentaire qui vise une meilleure santé économique, sociale, environnementale et humaine »

Tribune. Fermée depuis le 12 mars, la restauration collective n’a pas vraiment repris malgré la réouverture des établissements le 2 juin. Tandis que des millions de convives redécouvrent le casse-croûte maison, c’est tout un pan de l’agriculture et de l’économie qui vit dans l’incertitude, et plus précisément celui que la loi EGAlim [sur l’agriculture et l’Alimentation] adoptée au Parlement a orienté vers le durable et la qualité à table. Il est temps de relever le gant et d’imaginer de nouvelles solidarités.

C’est un secteur à onze millions de repas quotidiens et plusieurs milliards d’euros annuels, que la crise du Covid-19 a frappé de plein fouet. Alors que le déconfinement remet en route une bonne partie de l’économie depuis le 11 mai, la restauration collective reste durement affectée.

Si les hôpitaux et les maisons de retraite continuent de servir des repas, les cantines scolaires, qui concentrent l’essentiel de l’offre alimentaire, tournent au ralenti, quand elles ne sont pas à l’arrêt. Et il faudra attendre au moins la prochaine rentrée pour y voir clair, c’est-à-dire évaluer avec précision le niveau des dommages causés à toute une filière.

Dans cette attente, la majorité des collectivités locales continuent certes de payer du personnel peu ou pas occupé, mais derrière, des milliers d’acteurs et d’entreprises de la filière agroalimentaire restent en cale sèche.

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Puissant levier de l’offre alimentaire en France, lieu d’accès pour tous à une alimentation équilibrée et facteur de développement économique et social sur les territoires, la restauration collective, que la loi EGAlim a orientée vers la qualité alimentaire avec l’objectif d’atteindre 50 % de produits durables dont 20 % de produits bio d’ici à 2022, va avoir du mal à se relever.

Toute une série d’acteurs touchés

Cette situation, inédite par son ampleur et par la brutalité de son irruption, pose plusieurs questions : agricoles, économiques, écologiques, sociales et humaines. Alors qu’un mouvement de fond s’était enfin engagé sur les territoires avec l’ambition de transformer durablement les politiques publiques de l’alimentation, cette rupture soudaine rebat les cartes.

En première ligne, les écoliers, les collégiens, les lycéens et les étudiants n’ont plus accès à un service public de restauration. Cette discontinuité prolongée, six mois au total, les renvoie à la seule responsabilité des familles, avec la diversité et les inégalités sociales que cela implique sur le plan alimentaire.

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