Economie

« Il faut créer un Fonds national pour l’emploi, la formation et la revitalisation productive écologique »

Tribune. Pour frayer un chemin de sortie de la crise systémique, il faut développer en grand les services publics et faire levier sur les entreprises et les banques afin de commencer à changer radicalement leur façon de faire. Développer et sécuriser l’emploi, la formation et les revenus est la question cruciale. Entrer dans le sujet de la dette publique par son remboursement est une erreur. L’enjeu majeur est de dépenser plus et autrement. Un développement écologique et social entraînant une croissance ample et non empoisonnée permettra de résorber la dette et d’élargir la base de l’assiette des impôts et même leur refonte.

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En pleine pandémie, l’argent de la dette publique soutient surtout le capital, pas l’hôpital ni le développement de l’emploi et des qualifications. Il faut rompre avec les politiques actuelles qui ne prévoient pas de créations substantielles d’emplois à l’hôpital, ni dans les autres services publics, et poursuivent les fermetures de lits. A peine 1 % du plan Castex va à la formation professionnelle ; aucun plan de recrutement massif dans l’enseignement n’est prévu. Des milliards d’euros d’aide publique soutiennent les profits et l’accumulation du capital de multinationales (Sanofi, General Electric, Nokia-Alcatel, etc.) qui suppriment des emplois, versent des dividendes massifs et poursuivent leurs délocalisations au péril de la transition écologique et des besoins économiques, sanitaires et sociaux. Rien ou presque n’est prévu pour préparer l’avenir de ces filières par des formations massives et des recherches nouvelles.

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Le chômage partiel est utilisé comme un immense dispositif de flexibilité et de baisse du coût du travail, au nom du maintien des compétences des salariés et du soutien à la demande, de nombreux travailleurs aux contrats très précaires en sont exclus. C’est une réforme conservatrice qui maintient le principe destructeur du chômage. Il faudrait aller vers un système de sécurité d’emploi, de formation et de revenu contre la domination du ­capital, car le travail, sa qualité et sa créativité sont aujourd’hui décisifs.

Vision magique

Se préoccuper de ce que font les banques et les entreprises de l’argent public qu’elles ­reçoivent renvoie à une véritable révolution démocratique. En 1789, il ne s’agissait de contrôler que les impôts et l’argent privé du roi – devenu ensuite le budget de l’Etat. Aujourd’hui, c’est l’argent des banques et des grandes entreprises qui est concerné.
Faire de la dette une obsession est, pour Emmanuel Macron et son gouvernement, un prétexte à une austérité renforcée. François Bayrou, commissaire au Plan, déclarait, le 26 janvier sur France Inter, que l’augmentation de la dette est tout à fait légitime « à condition de ne pas laisser entrer toutes les dépenses de fonctionnement de notre organisation sociale ». C’est justifier l’austérité pour l’embauche dans les hôpitaux et les ­Ehpad, le recrutement et la formation d’enseignants, l’assurance-chômage et les retraites.

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