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24h du Mans 1977 : sur cinq cylindres – HISTOIRE

Le sort s’est acharné pour empêcher Jacky Ickx de triompher dans cette 45e édition des 24h du Mans. En vain. Cette année-là, Porsche compte sur le pilote belge, allié à Henri Pescarolo, pour contrer les véloces Alpine-Renault A442. Mais dès samedi, en fin d’après-midi, tout paraît perdu : la Porsche 936 turbo numéro 3 vomit son huile entre Indianapolis et les tribunes. C’est l’abandon. Le Bruxellois est alors – comme l’autorise le règlement – transféré sur la numéro 4, l’autre Martini usine. Mais cette voiture offre peu d’espoir ; elle a perdu 9 tours et dégringolé jusqu’à la 41e place après des avaries en début de course. À 20 heures, elle pointe au 15e rang, bien loin des deux Alpine-Renault de tête.

C’est alors que le Belge entame l’un de ses plus beaux morceaux de bravoure. Multipliant les relais de nuit au volant d’une voiture un chouïa survireuse, Jacky Ickx bat trois fois de suite le record du circuit établi quatre ans plus tôt par la Matra de François Cevert. Mieux : sous les averses matinales, les pilotes Alpine-Renault utilisent leur radio de bord (une nouveauté) pour communiquer les mauvaises nouvelles. V6 cassé pour Jean-Pierre Jaussaud et Jean-Pierre Jabouille, boîte récalcitrante pour Patrick Depailler. En fin de matinée, les flashs infos des radios périphériques annoncent qu’Ickx et Porsche sont en tête.

À 45 minutes de l’arrivée, Porsche renvoie Hurley Haywood en piste, après un ravitaillement de routine. La voiture de tête compte 18 tours d’avance sur la Mirage-Renault de Vern Schuppan et Jean-Pierre Jarier, soit plus d’une heure de marge. Un tour plus tard, Mister Daytona rentre au ralenti. On soulève le capot : une soupape a troué un piston. Les mécaniciens débranchent le cylindre. Norbert Singer, chef d’orchestre du Porsche System, consulte les officiels de l’Automobile club de l’ouest. Pour être classée – et donc l’emporter – la 936 doit parcourir deux tours, dont un dernier en moins de 11 minutes (trois fois son meilleur chrono aux qualifications). On scotche un chrono sur le volant de Jürgen Barth. On compte sur son expérience de mécano pour rapporter l’engin à bon port.

À 15 h 45, la 936 quitte les stands dans un bruit de casserole et un panache de fumée bleue. Quinze minutes plus tard, elle franchit la ligne d’arrivée, victorieuse.

=> Un tour du circuit du Mans embarqué en Porsche 936 – VIDEO

=> La dernière heure de course vue du stand Porsche – VIDEO

=> Dans les coulisses des 24h du Mans 1977 – DOCUMENTAIRE

Classement final

  1. Barth/Haywood/Ickx – Porsche 936 – 342 tours
  2. Jarier/Schuppan – Mirage-Renault GR8 – à 11 tours
  3. Ballot-Léna/Gregg – Porsche 935 – à 27 tours

Porsche 936 – châssis 001 : fiche technique

Châssis : tubulaire en aluminium, carrosserie en fibre de verre
Moteur : central arrière, 6 cylindres à plat, 12 soupapes, turbo (KKK), 2 142 cm3
Puissance : 540 ch
Transmission : propulsion, manuelle, 5 rapports
Poids : 700 kg
Dimensions (en m, long. x larg. x haut.) : 4,96 x 1,92 x 1,27

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