Politiques

Manifestations anti-Zemmour, fermetures de lits à l’hôpital…. Le “18h50 franceinfo” d’Eric Coquerel


“Il propose d’expulser de facto huit millions de nos concitoyens. (…) C’est une vision absolument totalitaire.” Invité de franceinfo mercredi 27 octobre, le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, Eric Coqurel, s’en est ouvertement pris à Eric Zemmour. Il “s’inscrit dans une tradition fasciste” et “il est profondément raciste”, a-t-il dit du polémiste, candidat putatif à l’élection présidentielle de 2022

Egalement interrogé sur la fermeture de lits dans les hôpitaux publics, Eric Coquerel a estimé que le système de santé de la France était “au bord de la rupture” du fait de plusieurs années de “politiques d’austérité”.

franceinfo : Plusieurs manifestations d’opposants à Eric Zemmour ont émaillé certains de ses déplacements, comme récemment à Ajaccio ou Biarritz. Que pensez-vous de ces démonstrations ?

Eric Coquerel : C’est quelqu’un qui vient faire des discours qui sont pour moi racistes, xénophobes et – je le dis très clairement – d’essence fasciste. Je pèse mes mots. Je pense que M. Zemmour s’inscrit dans une tradition fasciste. Il propose d’expulser de facto 8 millions de nos concitoyens, à travers ces théories absurdes du “grand remplacement” qui, je vous le rappelle, ont provoqué des massacres, notamment à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. C’est donc une vision absolument totalitaire.

Cela rappelle des heures sombres de l’histoire. Quelqu’un qui dit cela, pour moi, s’inscrit effectivement dans une veine fasciste. En plus de cela, ce qu’il propose est profondément raciste. Il divise le pays et évite aussi qu’on parle d’autres sujets parce qu’en revanche, son discours libéral, c’est M. Macron en pire. En résumé, c’est Reagan/Thatcher. De ce point de vue-là, c’est donc un danger. Des gens manifestent parce qu’ils estiment qu’on l’entend trop. On nous bassine avec M. Zemmour à longueur de journée.

C’est pourtant Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, qui a débattu avec Eric Zemmour sur BFMTV ?

Justement, pourquoi à un moment donné devoir débattre avec M. Zemmour ? Quand quelqu’un n’est même pas contredit par les journalistes sur les fake news à répétition qu’il prononce, à un moment donné, il faut mettre les mains dans le cambouis.

Le quotidien Libération révèle qu’une enquête de Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, montre que 20% des lits d’hôpitaux sont actuellement fermés en France, faute de personnel. Qui est responsable de cette situation selon vous ?

Ce sont ceux qui ont fait cette politique, qui nous ont amenés dans le mur. Depuis 2017, ce gouvernement a fait voter 4 milliards d’euros de baisse de dotations à l’hôpital public. Ce ne sont pas les seuls [à avoir baissé les budgets] mais ils ont accentué la baisse de financement des hôpitaux par la Sécurité sociale. Tant et si bien que l’an dernier, par exemple, après la crise du Covid-19, il y avait encore 800 millions d’euros de fonds structurels de moins pour l’hôpital. Cela donne la fermeture de 5 700 lits en pleine crise. Cette année encore, on vote un projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui entérine une baisse structurelle des dotations à la santé. Ce n’est plus possible. Ne vous étonnez pas après quand les soignants s’en vont parce qu’ils ne sont pas assez payés.

La crise est arrivée sur un hôpital déjà très mal en point. L’hôpital tenait et a tenu bon pendant le Covid-19 grâce à la compétence et la qualité de nos soignants. Mais ils avaient déjà manifesté, en 2018, devant Emmanuel Macron, qui leur a répondu : “Il n’y a pas d’argent magique.” L’argent magique, il a bien fallu en trouver un peu par la suite, une fois qu’il y a eu la crise du Covid-19. Cette crise a donc frappé de plein fouet un système de santé dont le documentariste américain Michael Moore disait il y a une quinzaine d’années qu’il était le meilleur système de santé au monde, et qui a réussi à être fragilisé, blessé. Il est maintenant au bord de la rupture du fait de ces politiques d’austérité.

Le Ségur de la Santé représente un investissement de 19 milliards sur dix ans, soit 1,9 milliard par an. Cela reste-t-il insuffisant selon vous ?

Bien sûr que cela ne suffit pas. Cela permet tout juste de freiner un peu la chute. Il faut rompre avec ce qu’on appelle l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam). Jusqu’à sa création, dans les années 1990, on adaptait chaque année les budgets aux besoins. Cela a changé. On a adapté les besoins aux budgets décidés. Et c’est une catastrophe.




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