Technologie

L’algorithme de Facebook est-il devenu une machine incontrôlable ?


La lanceuse d’alerte Frances Haugen accuse son ancien employeur Facebook de ne pas faire son possible pour réguler les contenus sur sa plate-forme par appât du gain. Mais les documents qu’elle a transmis à plusieurs médias internationaux dont Le Monde prouvent aussi que ses équipes techniques semblent dépassées par le fonctionnement de l’algorithme qui régit le fil d’actualités.

Les scores des contenus sont hors de contrôle

Pour résumer, plus un contenu obtient un score élevé, mieux il remonte. Ce score dépend de nombreux critères dont l’intérêt porté pas les amis ou la popularité de la page qui le partage. Le problème, c’est que ce score n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Il est parfois tel que les outils de modération se retrouvent impuissants à le baisser. Ce qui explique que des messages problématiques continuent d’être mis en avant de façon automatique. En Inde, ce sont des vidéos pornographiques soft qui se sont retrouvées en tête de l’onglet Watch sans explication. Aux États-Unis, des groupes politiques continuent d’être recommandés alors qu’ils ne le devraient plus.

À l’inverse, en 2018, des analystes constatent que les contenus engendrant de la colère sont en baisse. Mais ils ne savent pas lequel des changements opérés dans le code informatique pourrait avoir été décisif, ni même si ces derniers sont à l’origine du changement.

A découvrir aussi en vidéo :

Faut-il revenir à un classement chronologique ?

Ces difficultés pourraient s’expliquer par un manque de vision unifiée et une trop grande complexité au fil du temps de l’algorithme de Facebook. Mais surtout, le journal Le Monde souligne que la façon dont la plate-forme tente de le modifier est contraire à sa nature même. Il a été conçu pour amplifier les contenus suscitant l’enthousiasme des utilisateurs. « Rendre plus difficile le partage, masquer ou réduire la visibilité de ces contenus qui « marchent », est fondamentalement contraire à la mission première de l’algorithme », souligne le quotidien.

Pour lutter contre ces dérives, Frances Haugen propose de revenir à un classement simplement chronologique du fil d’actualités. Ce que Facebook conteste, affirmant que l’absence de modération ferait remonter davantage de contenus néfastes. Il se refuse également à communiquer des informations détaillées sur son code. Il ne pourra peut-être pas éternellement s’y opposer. Le projet de règlement européen Digital Services Act devrait exiger que les réseaux sociaux soient plus transparents.

Source : Le Monde


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page