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Pourquoi les débits de Free Mobile varient autant suivant les tests

Notre premier baromètre 5G centré sur Paris et publié le 13 septembre dernier a soulevé de nombreuses réactions du côté des abonnés de Free Mobile. Certains se sont offusqués des mauvais résultats obtenus par leur opérateur. Ses performances étaient effectivement en-deçà de celles de Bouygues Telecom, Orange et SFR, en 4G comme en 5G. La 5G semblait même ne pas apporter de bénéfice par rapport à la 4G au moment où la campagne de mesure fut réalisée au mois de juillet.

Les débits descendants par opérateur et par profil 4G ou 5G.

Quelques jours après, le projet RNC Mobile publiait son observatoire dédié à Free Mobile dans la capitale avec des résultats nettement plus flatteurs.

On fera observer préalablement qu’il est impossible de comparer deux études réalisées dans des sites, conditions, temporalités et avec un périmètre différents.

Malgré tout, les ordres de grandeur interpellent. La plupart des utilisateurs ayant utilisé l’application RNC Mobile ont obtenu des débits de plusieurs centaines de Mbit/s. Très loin donc de la moyenne de 36,4 Mbit/s trouvée par QoSi. Pourquoi un tel écart ? Voici quelques éléments d’explications.

Différents protocoles de speed test

Pour rappel, notre étude a été réalisée par la société QoSi, un spécialiste reconnu de la mesure des réseaux télécoms qui intervient en tant qu’expert auprès de l’Arcep. Ses tests de débit sont effectués en mono connexion (mono-thread), contrairement à ceux de RNC Mobile qui sont en multi connexions (multi-thread) comme d’autres applications de test de débit, telles que nPerf.

« Le mono-thread, c’est la norme adoptée par le gendarme des télécoms pour ses campagnes de qualité de service mobile. C’est pour cette raison que nous reprenons le même protocole », nous avait précisé QoSi à la publication de notre baromètre parisien 5G.

« Le mono-thread correspond à un seul flux de connexion. Par exemple, vous êtes sur votre smartphone et vous regardez une vidéo en streaming. Le multi-thread représente plusieurs connexions en parallèle. Vous regardez une vidéo en ligne, vous écoutez de la musique en streaming et vous faites une recherche web en même temps », nous rappelle un porte-parole de l’Arcep.

Des représentations différentes

Or, les performances de Free Mobile sont systématiquement à la traîne par rapport à ses concurrents lorsque les tests sont en mono-thread. C’est le cas notamment à chaque fois que l’Arcep publie son enquête annuelle 4G. D’où l’incompréhension des abonnés Free Mobile qui obtiennent des résultats très supérieurs lorsqu’il lance un speed test sur leur smartphone. L’opérateur ne met d’ailleurs en avant que ses résultats en multi-thread.

Si le gendarme des télécoms a choisi le mono-thread, est-ce que cela disqualifie totalement les speed tests en multi-thread ? Pas du tout. « Ce n’est pas illégitime ou faux de faire du multi-thread. Il faut juste savoir ce que cela représente. En simplifiant un peu le trait, le multi-thread permet de mesurer la taille du tuyau qui vous est attribué par l’opérateur, tout ce qui peut passer au maximum. Mais quand vous téléchargez une application, votre débit effectif sera toujours celui que vous obtenez en mono-thread », nous précise encore le gendarme des télécoms.

Pour résumer, Free Mobile permet probablement de lancer plusieurs connexions simultanément plus facilement que ses concurrents. Mais la vitesse de connexion obtenue avec une seule connexion sera moindre en moyenne.

A découvrir aussi en vidéo :

Au plus près des usages sur smartphone

Pour l’autorité, les mesures dans le mobile doivent continuer à se faire en mono-thread. « Nous n’avons pas de doute sur le fait que le mono-thread est le plus représentatif de ce que les gens font sur leur smartphone aujourd’hui. Le débat entre les deux a été relancé avec la 5G, certains opérateurs estimant qu’elle va favoriser le multi-thread. Cela mérite d’en discuter. Le jour où le multi-thread sera représentatif de ce que les gens feront sur leur smartphone, nous pourrons faire évoluer les mesures dans ce sens », conclut l’Arcep.

Toutefois, cela n’expliquerait pas toutes les contre-performances du réseau de Free Mobile. Il semblerait que les résultats varient aussi en fonction des caractéristiques techniques des serveurs. Plus précisément, ils seraient sensibles aux algorithmes d’évitement de congestion TCP. Les débits seraient moindres avec Cubic, installé sur la plupart des serveurs, qu’avec un autre protocole, baptisé BBR. Le phénomène est déjà bien documenté concernant le réseau fixe de Free, comme en témoignent les forums du site La Fibre.info et une note déjà publiée par l’Arcep. Cela pourrait mettre en évidence un problème de pertes de paquets. Mais pour quelle raison ? Le mystère reste entier.

Free n’a pas souhaité répondre à nos questions concernant ses résultats de débits mobiles lorsque nous l’avons contacté.


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