Santé

même en faible quantité, elle augmente le risque de mortalité


La plupart des applications météo fournissent aussi des informations sur la qualité de l’air local. Elle est déterminée en fonction de la concentration de différents polluants et particules fines. Cependant, même quand cette qualité est considérée comme « bonne », l’exposition prolongée aux polluants représentent un risque pour la santé. 

La qualité de l’air est déterminée selon la concentration en particules fines et autres polluants atmosphériques présents dans l’air à un endroit et à un moment donné. La concentration en particules fines de moins de 2,5 micromètres (PM2,5), en ozone (O3) et en dioxyde d’azote (NO2) sont, entre autres, trois critères de suivis de la qualité de l’air. Plus elles sont concentrées dans l’atmosphère, plus la qualité de l’air se dégrade jusqu’à représenter un risque pour la santé. 

Aux États-Unis, c’est l’U.S. Environmental Protection Agency (EPA) qui est en charge de surveiller la qualité de l’air et ses différents niveaux. Elle indique que l’air est de bonne qualité lorsque les concentrations de PM2,5, d’O3 et de NO2 ne dépassent pas 12 µg/m3, 54 ppb et 53 ppb respectivement. Mais, les scientifiques de la T.H. Chan School of Public Health, à Harvard, ne sont pas cet avis. Selon leur étude, l’exposition prolongée à de l’air considéré comme sain augmente tout de même le risque de mortalité chez les personnes âgées. 

Un air de « bonne qualité » serait-il mortel ?

Pour s’en assurer, les scientifiques d’Harvard ont suivi plusieurs millions d’Américains, adhérents de l’assurance-santé Medicare — essentiellement des seniors de plus de 65 ans et blancs –, entre 2000 et 2016. Ce contrôle a pu s’effectuer grâce au code postal renseigné par ces adhérents et une simulation qui recrée la qualité de l’air à travers les États-Unis via les données satellite, météorologiques et les bilans annuels de la qualité de l’air dans le pays. Les personnes vivant dans une région où la qualité est bonne ont été suivies, les autres ont été volontairement exclues.

Selon les conclusions des scientifiques d’Harvard, les trois polluants augmentent le risque de mortalité chez les personnes âgées. Une hausse de 1 µg/m3 de PM2,5 ou 1 ppb d’ozone ou de NO2 aggrave ce risque après un an d’exposition de 0,073 %, 0,081 % et 0,003 % respectivement. Ces chiffres se traduisent par 11.540 morts attribuables au PM2,5, 1.176 au NO2 et 15.115 à l’ozone par an et pour chaque augmentation d’une unité. Les hommes sont plus sensibles au PM2,5 et à l’ozone et les Afro-Américains à l’ozone et au dioxyde d’azote. 

Une réglementation pas assez stricte aux États-Unis

En 2020, l’EPA n’a pas revu les seuils de PM2,5 à la baisse. En effet, l’OMS a récemment fixé le seuil recommandé à 10 µg/m3, soit moins que la valeur de 12 µg/m3 considérée par les États-Unis. Dans leur conclusion, les scientifiques d’Harvard écrivent que « nos résultats […] fournissent la preuve que le choix de la norme annuelle de PM2,5 par l’administrateur de l’EPA était injustifié ». En France, les normes de qualité de l’air sont celles édictées par l’OMS.

Limiter nos émissions de gaz polluants et de particules fines est un véritable enjeu de santé publique. La pollution de l’air extérieur est classé comme un cancérigène de classe 1 depuis 2013 par l’IARC (International Agency for Research on Cancer). Elle augmente le risque de cancer du poumon mais aussi de cancer de la vessie. C’est la substance cancérigène la plus répandu dans le monde.

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