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Apple iPhone 13 : le test complet

Après une gamme d’iPhone 12, qui a redéfini l’étendue de l’offre d’Apple, en proposant quatre modèles – une première – et en adoptant un nouveau design après quelques années de relatif immobilisme, les équipes de Tim Cook doivent relever le défi des années en « S », même si le nom ne l’explicite plus officiellement. Après une année de forts changements, il est toujours difficile de maintenir le cap, tant il est vrai que « nouveau design » rime, dans beaucoup d’esprit, avec nouveautés.

Un design identique, et quelques améliorations

En l’occurrence, l’iPhone 13 conserve les traits de l’iPhone 12, qui reste d’ailleurs en vente. Il gagne juste en épaisseur (0,025 cm) et en poids (7 g), ce qui ne change en rien le confort de prise en main. Le compromis entre taille et facilité d’utilisation à deux mains, voire à une seule, est toujours bon. Rien à redire, Apple conserve une recette qui séduit.

Les deux façades sont en verre. L’arrière pour permettre le rechargement sans-fil avec des chargeurs Qi ou MagSafe. Celle avant est recouverte du Ceramic Shield introduit l’année dernière, et donné pour être extrêmement résistant, tandis que les tranches verticales sont en aluminium teinté, pour correspondre à une des cinq finitions proposées : rose, bleu, minuit, lumière stellaire, et le classique et populaire (PRODUCT)RED.

A part, ces nouvelles finitions, on note deux changements – et non, désolé, il ne s’agit toujours pas de l’arrivée d’un port USB-C en remplacement de l’indétrônable Lightning. La première tient à la disposition des objectifs à l’arrière de l’appareil. Ils sont désormais placés en diagonale, et non verticalement l’un sur l’autre. Une modification qui tient, semble-t-il, autant de la volonté de différencier les deux générations extérieurement que d’une nécessité liée à la réorganisation complète des entrailles de l’iPhone 13.

Le second changement extérieur passe par l’encoche, où se trouve la caméra True Depth. Elle est désormais plus petite que sur la génération précédente. Apple annonce un 20% de réduction, ce qui n’est pas forcément très parlant. Règle en main, on note qu’elle passe de 3,5 cm de large, sur la génération 12, à 2,7 cm pour les iPhone 13. Elle conserve en revanche la même hauteur, à environ 0,5 cm. Cette réduction est appréciable, sans équivaloir à une disparition pure et simple. Il faudra encore un peu de patience.

Néanmoins, mathématiquement, cela offre plus d’espace à l’affichage, même si l’écran conserve officiellement sa diagonale de 6,1 pouces. La dalle OLED Super Retina XDR, elle, évolue un peu. Outre qu’elle conserve son pic de luminosité HDR à 1200 cd/m2 quand elle affiche des contenus HDR, Apple a surtout fait en sorte d’augmenter sa luminosité maximale « classique ». L’année dernière, nous avions enregistré une luminosité à 623 cd/m2, soit plus que les 600 nits annoncés par Apple. Cette année, les équipes de Cupertino affiche un objectif à 800 nits. Une fois encore, nos mesures confirment que les objectifs sont atteints, voire dépassés, puisque nos sondes ont enregistré une luminosité à 815 cd/m2. On a donc clairement à faire à une dalle très lumineuse – parfait pour une consultation en extérieur les jours ensoleillés.

Le Delta E 2000 enregistré, la valeur qui définit l’écart entre la vraie valeur d’une couleur et celle qui est affichée, est excellente, bien qu’en léger retrait par rapport à l’année dernière. Il est de 1,32 contre 0,95 pour l’iPhone 12. Tout ce qui est inférieur à 2 est exceptionnel.

Apple A15 : un SoC, en puissance… et intelligence

Il est temps de s’intéresser maintenant au cœur et au cerveau de cet iPhone 13, le SoC A15. Comme l’année dernière, il embarque six cœurs, deux haute performance et quatre basse consommation, qui travailleront alternativement ou de conserve. L’objectif est d’offrir la quantité de puissance requise tout en épargnant au maximum l’autonomie de l’appareil.

Pour la partie graphique du SoC, Apple maintient quatre cœurs dédiés – pour la première fois, les équipes de Tim Cook ont créé une différence entre les iPhone 13 et 13 Pro, en allouant un cœur GPU supplémentaire aux modèles les plus coûteux. Toutefois, outre une fréquence de fonctionnement supérieure, l’A15 embarque aussi et surtout un plus grand nombre de transistors – synonymes de plus grande puissance de calcul. On en compte 15 milliards contre environ 11,8 milliards pour l’A14.

Si l’infographie ci-dessus ne s’affiche pas, cliquez ici.

Lors de sa conférence, Apple a avancé des chiffres sur la puissance supposée de sa nouvelle puce, en la comparant aux performances de puces concurrentes, sans évidemment désigner de cible évidente, ni donner de détails sur la façon dont ces chiffres sont obtenus. Ainsi, l’A15 est censé être 50% plus performant que la concurrence pour la partie CPU, et 30%, plus puissant pour la partie GPU…

Nous avons donc décidé de comparer les résultats obtenus dans Geekbench par l’iPhone 13 avec ceux de quelques concurrents Android sérieux, tous équipés du Snapdragon 888, le fer de lance de Qualcomm. Ainsi, pour la partie multi-cœur (CPU), on note que le nouvel iPhone est 24% plus performant que le OnePlus 9, 24,4% plus rapide que le Zenfone 8, d’Asus, ou encore 31,4% plus véloce que le Find X3 Pro, d’Oppo. Pour la partie Compute, qui estime les performances globales du smartphone pour des tâches exigeantes comme le jeu, le traitement d’images, l’édition de vidéo, etc. on perçoit pleinement la force de l’intégration logicielle et matérielle. L’iPhone 13 est 126% plus puissant que le Zenfone 8, 130% au-dessus du OnePlus 9 et 131% plus fort que le Find X3 Pro pour ces activités.

Si on s’intéresse juste à la partie jeux/rendus graphiques, GFXBench lui accorde entre 14,4 et 26,7% plus de performances dans le domaine. Pour compléter ce petit tour d’horizon des tests synthétiques, on s’est enfin tourné vers 3Dmark Wildlife, qui a la bonne idée de tester deux aspects importants. D’une part, la puissance déployée par la puce quand on la sollicite pour afficher de beaux graphismes. D’autre part, la capacité de cette même puce à assurer le spectacle sur le long terme (plus ou moins 20 minutes) pour s’assurer qu’il n’y a pas de throttling ou – spoiler alert : il y a en a – pour prendre la mesure des variations des performances de la puce.

Si l’infographie ci-dessus ne s’affiche pas, cliquez ici.

Ce stress test, qui fait tourner en boucle une même séquence tests, retient trois éléments : le meilleur résultat obtenu lors du test, le moins bon, et, enfin, un pourcentage de stabilité de l’effort.

Deux points semblent à retenir : un, l’iPhone 13 et son A15 dominent très largement la concurrence. Sa plus haute performance est en moyenne 50% plus élevée que celle de ses adversaires sus-mentionnés. Plus intéressant encore : son moins bon score -sa performance la plus basse- est entre 88 et 111% plus élevée que celles des smartphones Android sus-mentionnés. Comment est-ce possible ? Simplement parce qu’il est capable de maintenir un niveau élevé de performance plus longtemps. Il obtient un pourcentage de stabilité de 73,9%, là où ses opposants oscillent entre 55 et 59,5%.

Il est intéressant de noter une exception, le ROG Phone 5, qui est équipé lui aussi du Snapdragon 888 obtient un indice de stabilité des performances de 90,8% – mais disons que son design gamer et sa conception font de lui un smartphone à part.

Quoi qu’il en soit, même avec une meilleure stabilité, les performances du ROG Phone 5, d’Asus, sont entre 51,6 et 23,4% moins bonnes que celles de l’iPhone 13. L’iPhone 12 fait lui aussi mieux que le ROG Phone 5, et il se paie même le luxe d’être plus stable (92%) dans les performances qui fournit.

On peut donc en conclure que l’A15 est une brute, mais qu’elle chauffe néanmoins davantage que l’A14. Il faut bien payer à un moment le gain de puissance et le nombre accru de transistors pour une même taille de gravure, même si le SoC est certainement plus grand physiquement. Apple ne communique pas clairement sur ce point, il faudra donc attendre les premiers démontages.

Évidemment, ces résultats ne donnent qu’un aperçu de la réalité. Au quotidien, entre vidéo HD/4K HDR, jeux, applications multiples et variées, nous n’avons pas rencontré le moindre ralentissement.

Mais, cette débauche de puissance ne doit surtout pas masquer un autre atout de l’A15. Le SoC intègre un tout nouveau réseau neuronal, comptant 16 cœurs, comme sur l’A14. Cette partie de la puce, dédiée à l’application des calculs de machine learning, couplée parfois à la partie GPU, est à la barre pour une grosse part des nouveautés de la partie photo et vidéo de l’iPhone 13.

Photos et vidéos : toujours deux modules, mais beaucoup de nouveautés

Comme l’iPhone 12 l’année dernière, l’iPhone 13 embarque deux modules caméras : un ultra grand-angle, équivalent 13 mm, et un grand-angle, équivalent 26 mm – la différence étant que les deux objectifs sont disposés en diagonale, et non verticalement…

Mais la vraie bonne nouvelle est que ce grand-angle connaît une évolution bienvenue. Il s’agit en fait d’un modèle équivalent à celui qui était réservé l’année dernière au modèle Pro Max – pour des questions d’encombrement, a priori. Les photodiodes de ce capteur sont donc plus gros (1,7 micron), et la stabilisation se fait par mouvement du capteur, ce qui renforce les possibilités de prise de vue, en basse lumière, principalement. Apple annonce un gain de 47% de lumière en plus, c’est difficile à vérifier, mais une chose est certaine, on le perçoit immédiatement à l’œil quand on utilise simultanément l’iPhone 12 et l’iPhone 13.

L’ultra grand-angle bénéficie aussi d’un nouveau capteur, qui se sort mieux des situations en basse lumière, notamment en permettant de réduire le bruit numérique.

Mais, le gros effort tient surtout à l’arrivée du nouveau réseau neuronal, qui renforce l’impact de la photographie computationnelle, sur des fonctions existantes ou nouvelles.

Ainsi, on constate que le mode Nuit est maintenant disponible sur tous les modules photo, avant et arrière, que ce soit pour une photo de paysage, un portrait ou un selfie. Précisons en passant que sur les selfies, les résultats en basse lumière sont parfois un peu faibles pour que la photo soit conservée. Deep Fusion, qui tire parti du réseau neuronal de l’A15 pour ajuster les expositions, améliorer les textures et détails des éléments photographiés est également présent sur tous les modules caméras désormais. Enfin, la technologie maison Smart HDR 4 est capable de détecter différentes personnes dans un cliché, ce qui permet, dans le cadre d’une photo de groupe par exemple, de s’assurer que chaque sujet bénéficie d’un bon contraste, d’une bonne exposition et de couleurs qui le mettent en valeur.

Ces améliorations de l’existant sont parfois discrètes, concernent surtout les clichés en basse lumière, même si les travers des aplats « aquarelle » sont toujours de la partie, et que les clichés manquent souvent d’un peu de piqué. Il y a néanmoins un progrès par rapport aux iPhone 12.

La première de ces fonctions s’appelle Styles photographiques. Il est possible de définir à la première activation de l’application Appareil Photo, et de le modifier ensuite, bien évidemment, un traitement numérique pour les clichés que vous allez prendre. Vous avez ainsi le choix entre Standard, Contraste intense, Vif, Chaud, et Froid.

Ce style sera alors appliqué à chaque fois que vous prendrez une photo. Via un nouveau raccourci dans l’interface de contrôle de l’appareil photo, vous pouvez également rapidement basculer d’un mode à un autre, avant la prise de vue. Enfin, il est aussi possible de modifier les deux critères de Ton et Température systématiquement préréglés pour chaque style. Il est intéressant de noter que ces styles ne s’appliquent pas au portrait, et seulement aux photos « classiques ».

Les styles sont un bon moyen d’obtenir des clichés qui ont plus de vie, de force visuelle, sans avoir à aller plonger dans les réglages de température, contraste, luminosité, tons clairs, brillance, etc. a posteriori.

La seconde fonction qui repose énormément sur la puissance de calcul de l’A15, de son nouveau processeur d’images (ISP) et sur les nouveaux encodeurs/décodeurs vidéos matériels intégrés est assez bluffante, c’est le mode Cinématique.

Recourant à des algorithmes de détection d’objet, de personnes ou encore de mouvement, et une analyse des pratiques cinématographiques, ce mode permet de définir automatiquement où est faite la mise au point pendant le tournage d’une vidéo. Une personne se tient seule dans le coin gauche du cadre : elle est nette et le reste un peu flou. Sauf si vous décidez que cette tasse de thé devant elle est bien plus importante. Quand une deuxième personne entre dans le plan, la mise au point se fait automatiquement sur elle. Il suffira qu’elle tourne la tête en direction du premier sujet pour que le focus change à nouveau.

Outre le caractère automatique de cette fonction, qui permet de raconter des histoires, ou de mettre en valeur des sujets dans une séquence filmée, le mode Cinématique est une performance technique. Car, l’iPhone 13 enregistre la vidéo en 30 images par seconde avec les informations de netteté de tous les plans. Il est ainsi possible de changer la mise au point d’une personne à un autre, une fois la vidéo enregistrée.

Le mode Cinématique a un vrai potentiel, mais il s’adressera surtout à ceux qui utilisent le mode vidéo de leur iPhone pour autre chose que pour enregistrer rapidement un petit moment à garder en mémoire. Par ailleurs, il faut reconnaître qu’il a encore quelques progrès à faire. Ainsi, outre les travers de détourage qu’on connaît bien avec le mode Portrait (cheveux, contours…), on constate des limites face à des cadres un peu complexes. Ainsi quand une partie du plan est occupée par une surface vitrée, qui sera détectée comme un objet, le flou d’arrière-plan numérique sera appliqué autour de cette surface, mais l’arrière-plan visible au travers de la vitre restera net. Un cas particulier, mais qui montre qu’il y a encore des progrès à faire. C’est certain.

Par ailleurs, si ces deux axes de développement de la photographie (et vidéo) computationnelle sont intéressants et laissent espérer beaucoup d’autres choses à l’avenir, on aurait presque préféré que cette puissance de calcul soit utilisée pour compenser certaines des faiblesses des capteurs et optiques. Les travers historiques d’Apple, en matière d’aplats de couleurs, d’effets aquarelle, sont toujours là. Le piqué d’image laisse toujours à désirer, surtout si on souhaite agrandir sa photo à l’écran pour la recadrer ou l’imprimer pour l’encadrer.

Evidemment, ces défauts, qui font qu’Apple n’est plus le roi des smartphones en photographie, ne font pas des iPhone de mauvais candidats à la capture de vos vies quotidiennes. Les iPhone 13 bénéficient comme tous leurs frères d’un très bon rendu des couleurs, d’une exposition juste et agréable. Sans parler de la vitesse d’autofocus, pour laquelle il reste une référence. À cela s’ajoutent l’équilibre et le maintien des couleurs et exposition entre les deux modules photographiques, la réactivité lors d’un passage de l’un à l’autre est aussi un argument d’importance.

Bref, si l’iPhone 13 n’est pas le meilleur smartphone en photo, il est très loin d’être mauvais, d’autant qu’il maintient une solide avance en vidéo, également.

Autonomie : l’effet A15 ?

Depuis la génération iPhone 11, les smartphones d’Apple ne sont plus les parents pauvres de l’endurance. Non seulement ils tiennent bien le choc, mais ils se permettent même de se classer parmi les meilleurs de leur gamme. L’iPhone 13 Pro Max s’est même permis, lors de nos tests d’autonomie polyvalente de détrôner le N°1 de notre classement des smartphones les plus endurants. Une première.

Sans être aussi bon, l’iPhone 13 tient le cap fort joliment et affiche une autonomie supérieure à celle de l’iPhone 12. En polyvalente, qui est une simulation intensive d’usages quotidiens variés (surf Web, mail, vidéo, etc.), il atteint les 18 h 57, en progression de 1 h 53 par rapport à l’iPhone 12.

Si l’infographie ci-dessus ne s’affiche pas, cliquez ici.

Quand on se tourne vers l’autonomie en streaming vidéo, le gain est bien plus important encore. On atteint les 16 h 39, contre 12 h 13 pour l’iPhone 12. Ces 4 h 26 supplémentaires sont certainement dues à l’arrivée d’une accélération matérielle pour le traitement des vidéo (encodage/décodage) dans la puce A15 Bionic.

Dans les faits, l’iPhone 13 devrait tenir assez gentiment plus d’une journée, de quoi en tout cas partir tôt le matin, l’utiliser sans se retenir et rentrer serein en fin de journée, juste à l’heure pour se coucher.


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