Economie

Covid-19: ce vaccin en spray nasal vise le marché en 2023


Simple à administrer, moins invasif, plus facile à conserver. Sur le papier, le vaccin en spray nasal coche toutes les cases pour lever les barrières logistiques et réticences psychologiques qui pèsent encore sur la vaccination contre le Covid-19 en France. Voilà pourquoi depuis un an, une équipe de chercheurs de l’université de Tours et de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) de Nouzilly (Indre-et-Loire) travaille d’arrache-pied avec la biotech lilloise Vaxinano pour mettre au point un candidat vaccin à base de protéines virales administrable par voie nasale. “Contrairement aux vaccins intra-musculaires classiques, il induit une immunité au niveau des muqueuses nasales. Cela veut dire qu’il est capable d’éviter la présence du virus dans le nez, porte d’entrée et stade initial de l’infection”, résume le professeur Isabelle Dimier-Poisson, responsable de l’équipe de recherche BioMAP de l’UMR Inrae-Université de Tours Infectiologie et Santé Publique, qui a présenté les résultats pré-cliniques de ce projet le 9 septembre dernier.

Efficacité contre l’infection et la transmission

Ces tests menés en laboratoire sur modèle murin (souris et hamsters dorés) ont démontré, après deux injections par voie nasale espacées de trois semaines, “l’efficacité du candidat vaccin tant en termes de réponse immunitaire que de neutralisation précoce du virus original et de ses variants, bloquant tout risque de contamination par un individu vacciné”, ont annoncé les chercheurs. Outre son efficacité protectrice contre le virus à 100%, ce vaccin nasal a obtenu des résultats “sans appel” en termes de contagiosité. Cerise sur le gâteau, selon l’équipe de recherche, “le vaccin, constitué de la protéine Spike et de protéines virales non soumises à mutation, permettrait d’être protecteur quelles que soient les mutations virales et la souche de coronavirus circulante”.

Tandis qu’une petite dizaine de vaccins à administration nasale sont en cours de développement dans le monde, ce vaccin protéique est une première tricolore. Il s’appuie sur une technologie déjà éprouvée pour protéger les singes de la toxoplasmose et dont les premiers essais ont démarré il y a quatre ans : un vaccin nasal, sans adjuvant et sans toxicité, à base de protéines du virus encapsulées dans des nanoparticules à base d’amidon et de lipides. Ce procédé a été développé par Vaxinano. “Il ne provoque pas d’inflammation ni les effets secondaires attribués aux vaccins classiques”, souligne le professeur Didier Betbeder, PDG de la biotech.

Besoin de fonds pour arriver sur le marché en 2023

Autre avantage, la stabilité de ce vaccin, qui peut “se conserver plusieurs années à une température de quatre degrés et plusieurs mois à 20 degrés”, ajoute Isabelle Dimier-Poisson. Un atout logistique indéniable après le casse-tête de la gestion de la chaîne du froid qu’il a fallu résoudre lors de l’arrivée sur le marché des vaccins à ARN messager Pfizer et, dans une moindre mesure, Moderna. “Ce système simple de vaccination permettrait de déployer plus largement le dispositif vaccinal en Europe, pour les populations non vaccinées ou dans le cadre de campagnes de rappel, mais aussi dans les nombreux pays qui n’ont pas encore accès au vaccin”, appuie la chercheuse tourangelle, qui met en avant “les coûts raisonnables” que permettra cette simplicité logistique.

Mais la route est encore longue pour ce candidat vaccin qui arrive tard, sur un marché déjà préempté par les géants de la Big Pharma. S’ils sont arrivés à ce stade prometteur grâce au soutien financier de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et du conseil régional Centre-Val de Loire, les partenaires de ce projet doivent encore financer le développement et la production des lots de vaccins afin de passer aux essais cliniques sur les humains, qu’ils espèrent lancer au premier semestre de 2022. Aujourd’hui, ils sont en quête de quelque 10 millions d’euros pour pouvoir franchir ces étapes. Si des discussions sont en cours pour obtenir des financements de l’Etat, ils n’excluent pas la possibilité de lever des fonds auprès de sociétés d’investissement. Un sprint qui doit les amener, d’après leurs objectifs de calendrier, à une mise sur le marché en 2023.


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