Politiques

le livre, un passage obligé pour les candidats

Anne Hidalgo à Nancy pour son livre "Une femme française", le 15 septembre 2021.
Anne Hidalgo à Nancy pour son livre “Une femme française”, le 15 septembre 2021. (PATRICE SAUCOURT / MAXPPP)

Les candidats de gauche ont des choses à vous dire. À vous écrire, même. Ils sont cinq, cette année, à publier un livre : l’ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, candidat à la présidentielle, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, l’écologiste Eric Piolle, le communiste Fabien Roussel et depuis mercredi 15 septembre, Anne Hidalgo, avec la parution d’Une femme française.

À droite, deux prétendants à la primaire ont aussi réactivé leur plume : l’urgentiste Philippe Juvin et l’ancien commissaire européen Michel Barnier. Le paradoxe, c’est qu’aucun de ces livres n’a vocation à être un succès d’édition, un best-seller. En réalité, ils ne sont pas vraiment écrits pour cela…

Évidemment, les candidats ont envie que leur prose soit lue, mais les chiffres sont têtus : un livre politique est rarement un succès d’édition. Le dernier d’Anne Hidalgo par exemple, sorti juste avant les municipales ne compte que près de 750 exemplaires écoulés en trois mois. “Les coups éditoriaux et commerciaux sur des politiques sont très rares”, confie une éditrice qui a signé plusieurs best sellers. Très souvent, la maison d’édition perd de l’argent sur des écrits “conceptuels, programmatiques, un peu chiants”, selon elle.

Leur utilité, dixit un communicant de droite, “c’est de vous parler aux médias en mettant un thème au centre du débat”. “Quand un politique sort un livre, poursuit-il, il demande, lors de ses passages médias, à être interrogé sur son contenu. Ça lui permet de pousser des idées dans le débat public.”

C’est le doublement des salaires des enseignants dans le cas d’Anne Hidalgo. C’est Emmanuel Macron qui en 2016 appelle à une Révolution dans un livre qui lui s’est très bien vendu. Et puis il y a un autre avantage : les tournées de signatures dans toute la France… sans n’avoir rien à débourser.

“C’est un espace commercial qui n’est pas à prendre en charge dans la campagne, explique un éditeur, c’est moins cher que de louer une salle pour une conférence et il est possible de faire plein de petites librairies dans toute la France.” Une opération proximité tous frais payés par la maison d’édition.

Un rappel, tout de même : un livre politique ne fait pas l’élection. Nicolas Sarkozy, un des plus gros vendeurs de l’année 2016, avec La France pour la vie – 200 000 copies écoulées – avait quand même été sèchement éliminé dès le premier tour de la primaire de droite.


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