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le côté obscur de la fake news


Les fakes news font désormais partie de notre quotidien. Trier l’information et démêler le vrai du faux est devenu un véritable calvaire. Quelle est la bonne solution à adopter face à une fake news ? Une récente étude publiée dans l’International Journal of Psychology a voulu étudier l’influence de ces dernières selon leur valence après l’exposition à ce qu’on appelle communément un « debunk ».

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Êtes-vous pleinement conscient de l’influence que peut avoir une fake news sur votre jugement ? Si vous vous pensez à l’abri car vous lisez régulièrement les articles produits par des services de fact-checking, une question se pose pour savoir à quel point vous êtes immunisé : quelle est l’efficacité de ces articles sur l’influence que les fake news peuvent avoir sur notre raisonnement et nos croyances ? C’est une question cruciale déjà étudiée depuis un certain temps dans la littérature en communication et en psychologie sociale. Une récente étude parue dans la revue International Journal of Psychology tente de répondre à cette question en ajoutant une variable à l’équation : la valence d’une information ou, autrement dit, son caractère positif ou négatif. 

Une étude cohérente avec les recherches précédentes

La question que pose l’étude au sujet de l’asymétrie entre des informations de différentes valences n’est pas nouvelle. L’expérience s’intègre dans une tentative de réplication d’études antérieures. Olivier Klein, professeur en psychologie sociale à l’université de Bruxelles, confirme cet état de fait : « Certains travaux suggèrent qu’il existe une influence plus marquée des informations négatives que positives après correction. » L’influence que les fausses nouvelles continuent d’exercer sur nos jugements et nos représentations, même après correction, porte un nom : l’effet d’influence continue. Il est admis dans la littérature qu’une fake news est susceptible de nous influencer plus ou moins lorsqu’on y a été exposé même si on vient à la corriger ultérieurement. 

La puissance des fake news négatives

Dans cette étude, les chercheurs ont inventé une situation fictive, celle d’un hôpital allemand. Dans la première expérience, l’hôpital était présenté aux participants comme ayant reçu une récompense car il avait le taux de mortalité le plus bas de toute l’Europe. Inversement, dans la seconde expérience, les investigateurs dressaient un portrait négatif de l’hôpital car il avait le taux de mortalité le plus élevé de toute l’Europe. Dans chaque expérience, une partie du groupe était exposée à une correction de l’information contrairement à l’autre partie. Les auteurs constatent alors une influence continue du jugement de la nouvelle négative après correction. En revanche, ils constatent un effet retour de flamme (le fait que la correction ait eu un effet inverse à celui attendu) concernant la correction de la nouvelle positive. Néanmoins, dans les deux scénarios, la correction des informations fonctionne plutôt bien comparé à l’absence d’intervention. 

Olivier Klein se veut très prudent sur l’interprétation des résultats de cette étude isolée : « Est-ce que la valence est le facteur déterminant des résultats observés par cette équipe ? Comme ils ne recourent qu’à un seul exemple d’information positive et d’information négative, il est difficile de le savoir. Il se pourrait que d’autres variables entrent en action. Pour ce faire, il faudrait répliquer l’expérience avec des informations provenant de domaines divers ». Concernant l’effet retour de flamme, le professeur en psychologie sociale est sceptique : « Cet effet n’a pas résisté à des tentatives de réplications, si bien que l’auteur du premier article qui en fait mention, Brendan Nyhan, a désavoué ses propres résultats. Ces effets retour de flamme sont probablement extrêmement rares. Il semble donc peu prudent de penser à cet effet au lieu d’envisager des hypothèses alternatives. » 

Quelles conséquences pour le fact-checking ? 

Si l’effet retour de flamme a pu jeter le doute sur la pratique du fact-checking, l’absence de réplication démontrant son existence rend à cette pratique tout son intérêt : « La principale leçon que l’on peut tirer des travaux récents sur les fake news, c’est que les corrections fonctionnent même si leur effet est souvent modeste », conclut Olivier Klein. Toutefois, le fact checking ne peut être déconsidéré du contexte dans lequel il agit. Qui en est à l’origine ? Comment est-il réalisé ? Utilisé de façon massive et inapproprié contre les fake news, le fact cheking peut parfois s’avérer délétère comme le suggère un récent article publié par nos confrères de Slate

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