Santé

Des autoanticorps responsables du Covid long ?


Les causes du Covid long ne sont pas encore élucidées. Plusieurs hypothèses sont sur le banc d’essai, dont une qui suggère que ce sont des anticorps dirigés contre ACE2 qui pourraient provoquer les symptômes persistants après une infection au coronavirus.

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Le Covid long rassemble des symptômes de nature et sévérité variables dont l’origine est encore mal comprise. Plusieurs associations ont été observées, notamment entre la gravité de l’infection initiale et la présence de dommage tissulaire. De plus, toutes les personnes ayant eu la Covid-19 peuvent souffrir de sa forme persistante : jeunes ou âgées, atteintes de comorbidités ou en pleine forme. 

Les scientifiques de l’université de médecine de l’Arkansas explorent une piste, à étoffer, pour expliquer l’apparition du Covid long. Ils se penchent sur le rôle de certains anticorps qui apparaissent après l’infection et attaquent nos propres cellules. La publication est à découvrir dans Plos One.

Des anticorps qui reconnaissent des anticorps

Le plasma et le sérum de 67 patients, un échantillon modeste, ont été analysés pour leur teneur en anticorps. Les patients étaient soit à l’hôpital avec une infection au coronavirus confirmée, soit convalescents avec ou sans infection confirmée, ou non infectés. Les patients hospitalisés et convalescents possèdent un anticorps absent chez les autres, dirigés contre le récepteur ACE2. Cet anticorps est appelé un autoanticorps, car il est spécifique d’un constituant du corps humain (soi) et non pas d’un élément extérieur (non-soi). En plus d’être un autoanticorps, il semble être aussi un anticorps anti-idiotype. Pour faire simple, c’est un anticorps spécifique d’un autre anticorps spécifique de pathogène. Il reconnaît des idiotopes, l’ensemble des idiotopes constitue l’idiotype, qui sont des motifs présents dans la région variable des anticorps. Ici, l’anticorps découvert reconnaît la région variable d’un autre anticorps, lui-même spécifique du RBD de la protéine S du SARS-CoV-2.

Certains anticorps anti-idiotypes sont aussi capables de reconnaître le partenaire de la cible du deuxième anticorps, on parle alors d’homobodies. Ici, le RBD interagit avec ACE2, donc l’anticorps découvert serait spécifique de ACE2. En effet, dans les échantillons qui contiennent l’anticorps anti-idiotype, les scientifiques ont observé la même quantité d’enzyme ACE2 soluble mais l’activité de cette dernière est beaucoup plus faible. En développant des anticorps contre le RBD, l’immunité crée aussi des anticorps contre ACE2 aux effets possiblement néfastes.

Interférer avec ACE2

Car si ACE2 est le récepteur cellulaire du SARS-CoV-2, cet enzyme joue aussi un rôle métabolique important. L’acronyme ACE2 correspond à enzyme de conversion de l’angiotensine 2, comme son nom l’indique, elle transforme l’angiotensine en angiotensine II. Cette molécule a un rôle important dans le maintien de la tension artérielle, elle intervient notamment dans la vasoconstriction et donc augmente la tension artérielle. ACE2 serait aussi une molécule pro-inflammatoire et, à ce titre, favoriserait l’apparition du Covid long.

Si cette hypothèse un peu complexe se confirme, ces anticorps pourraient devenir une cible d’un traitement contre le Covid long, mais beaucoup de questions restent en suspens. Le lien de causalité entre les symptômes du Covid long et les anticorps anti-ACE2 reste à prouver car dans cette étude, le statut symptomatique des participants n’est pas connu. L’existence des homobodies semble aussi incertaine. Ce terme est issu de plusieurs théories immunologiques émises dans les années 1970-80, mais depuis presque aucun travail scientifique répertorié ne le mentionne.

« Si nos prochaines étapes confirment que cet anticorps est la cause de longs symptômes de Covid, il existe des médicaments qui devraient fonctionner pour le traiter. Si nous arrivons à cette phase de la recherche, la prochaine étape serait de tester ces médicaments et, espérons-le, de soulager les gens des symptômes qu’ils présentent », explique John Arthur, médecin et chef du service de néphrologie à l’université de l’Arkansas dans un communiqué de presse.

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