Economie

Microphyt, pépite des biotechnologies à la française

L’unité de production des microalgues de Microphyt, à Baillargues (Hérault), le 10 septembre 2021.

Aussi loin que l’on s’en souvienne, Baillargues (Hérault), à une quinzaine de kilomètres de Montpellier, a bâti sa fortune sur la viticulture. Quand le vin a périclité, après-guerre, pommiers et pêchers sont venus remplacer les rangées de vignes et faire vivre les familles du village. Mais d’usine, point. L’industrie était une idée lointaine, réservée à Alès (Gard), à une cinquantaine de kilomètres. Jusqu’à l’arrivée de Microphy, spécialisée dans la production d’ingrédients naturels issus de microalgues. Le bâtiment préfabriqué qui abrite les bureaux est d’ailleurs perdu entre les vergers, sur un terrain agricole.

Sous les serres voisines, des biophotoréacteurs sont bichonnés, des tubes de verre dans lesquels se reproduisent à l’infini les microalgues utilisées aujourd’hui dans les cosmétiques ou les compléments alimentaires. La spiruline, par exemple. « Après tout, les microalgues, ce sont des plantes, et même les ancêtres de toutes les plantes que l’on connaît aujourd’hui », dit en s’amusant Vincent Usache, directeur général de l’entreprise. Née en 2007 dans la cuisine d’un chercheur de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), qui cultivait les microalgues dans son autocuiseur, Microphyt est devenue, au fil de ses presque quinze ans d’existence, une pépite des biotechnologies à la française, avec un pied résolument posé sur le marché américain.

Mais pour que la petite start-up héraultaise opère une telle mutation, il a fallu qu’une bonne fée se penche sur la cocotte-minute. En juillet 2019, Microphyt a réalisé une levée record de 28,5 millions d’euros, dont 10 millions d’euros auprès de Spi (Sociétés de projets industriels), le fonds d’investissement de BpiFrance dédié aux projets technologiques innovants. L’opération lui a permis de passer à la vitesse supérieure, en quadruplant son volume de production et en doublant ses effectifs. Un investissement emblématique de la vocation du fonds Spi, lancé en 2015.

Dans le laboratoire de recherche de Microphyt, à Baillargues (Hérault), le 10 septembre 2021.

« Il y a des pays où il y a de la R&D à foison, mais quand il s’agit de passer du laboratoire au développement industriel, c’est soudain beaucoup plus compliqué, explique Magali Joëssel, la directrice de Spi. Il faut des mises de fonds importantes pour construire des usines, et il y a une véritable prise de risque, en termes de déploiement industriel et sur le plan commercial. Il faut que les produits trouvent leur marché… tout cela nécessite du temps et de la patience. »

Pas moins de 17 usines créées ou maintenues

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