Economie

La sortie de crise consacre la domination d’Airbus sur Boeing

Un Airbus A320 d’easyJet et un Boeing 737 de Ryanair à l’aéroport de Luton (Angleterre), le 26 avril 2020.

Airbus peut se frotter les mains. Depuis plusieurs semaines, l’avionneur européen engrange les commandes. La dernière en date, pas encore finalisée, porte sur une centaine d’appareils, révélait Reuters, jeudi 9 septembre. La compagnie hongroise à bas coûts Wizz Air, l’une des plus actives en Europe ces dernières années, voudrait accélérer son développement en acquérant 100 moyen-courriers d’Airbus. Une commande valorisée près de 12 milliards de dollars (environ 10,1 milliards d’euros), selon les anciens prix catalogue du constructeur de Toulouse. Ce contrat géant est loin d’être le seul à tomber dans son escarcelle. Avant Wizz Air, plusieurs compagnies ont cédé aux avantages de l’A320 nouvelle génération d’Airbus et de toutes ses déclinaisons.

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En août, c’est l’américaine Delta Airlines qui a effectué une commande de 30 A321 supplémentaires pour un montant de plus de 4 milliards de dollars. Mieux encore, Airbus parvient à convertir des compagnies jusqu’alors fidèles à Boeing. Ainsi, fin août, la compagnie low cost britannique Jet 2 a annoncé qu’elle passait une première commande de 36 A321 Neo pour remplacer une partie de sa flotte jusqu’ici composée de Boeing 737. Encore près de 5 milliards de dollars de plus pour l’avionneur européen.

Pendant que ce dernier vole de succès commerciaux en succès commerciaux, Boeing est à la peine. Lundi 6 septembre, l’américain a vu s’éloigner une commande géante de 200 appareils. Des 737 MAX destinés à étoffer la flotte de la low cost irlandaise Ryanair pour la porter à près de 600 avions. Le contrat avoisinait 25 milliards de dollars. Michael O’Leary, le très économe patron de la compagnie, a sifflé la fin des discussions, qui duraient pourtant depuis plus de six mois. « Il est devenu clair la semaine dernière que l’écart de prix entre les partenaires ne pouvait pas être comblé. Par conséquent, les deux parties sont convenues de ne plus perdre de temps sur ces négociations », a-t-il déclaré.

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Cette avanie faite à Boeing n’est pas une surprise. Il est fini le temps où le constructeur américain pouvait consentir d’importants rabais à ses meilleurs clients comme Ryanair. Il ne peut plus se le permettre. En effet, « il a des problèmes d’argent. C’est aujourd’hui un groupe très affaibli financièrement», signale Stéphane Albernhe, PDG du cabinet de conseil Archery Strategy Consulting, très actif notamment dans le secteur de l’aéronautique.

« Trou dans la gamme de Boeing » 

Il faut dire que les problèmes du 737 MAX, immobilisé au sol pendant plus d’un an à la suite d’accidents, lui ont coûté cher. Déjà près de 15 milliards de dollars, sans compter les indemnités qui devront être versées aux familles des victimes ainsi qu’aux compagnies aériennes lésées, soient qu’elles ont été privées de leurs avions soient qu’elles ont vu leurs livraisons retardées plusieurs mois, explique M. Albernhe.

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