Economie

l’identité numérique, comme solution contre l’exclusion

Un milliard ! Un milliard de personnes dans le monde, dont la moitié en Afrique, n’ont pas d’identité. Autrement dit, près d’un humain sur huit est en dehors de l’économie formelle, n’a pas accès à la santé, à la scolarité, ne peut pas ouvrir un compte en banque, changer de pays, voter ou accéder aux aides et aux services fournis par son Etat.

« Parmi eux, il y a ceux qui effacent leur identité pour migrer ou les mineurs dont on supprime l’identité s’ils en ont une pour les vendre en mariage ou pour du travail. Mais c’est une minorité. Dans les pays sous-développés, la non-existence d’une identité pose de nombreux problèmes, et la pandémie a encore accentué les inégalités entre ceux qui ont une identité et ceux qui n’en ont pas, car ces derniers n’avaient pas accès aux aides, aux soins… », regrette Joseph Atick, président-directeur général d’ID4Africa.

Cette organisation non gouvernementale (ONG), qu’il a créée en 2014, s’est donné pour mission d’aider les pays africains à « adopter l’identité numérique de manière responsable et pour le bien commun ».

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Chercheur en mathématiques à Stanford et à Princeton, Joseph Atick s’est très tôt consacré au développement d’algorithmes pour la biométrie. « Notre idée était de lier un identifiant à de la biométrie – des empreintes digitales à l’époque –, car la reconnaissance faciale n’était pas encore assez précise. Nous voulions développer une identité sécurisée interopérable pour fluidifier les mouvements de population dans un monde sans frontières, une sorte de laissez-passer mondial. Jusqu’au 11 septembre 2001, nous étions idéalistes », reconnaît-il. Aujourd’hui, la biométrie et, notamment, la reconnaissance faciale ont fait la preuve de leur viabilité et de leur efficacité en matière d’identification et d’authentification. « C’est aussi un moyen de sécuriser l’identité malgré celui qui la porte, c’est-à-dire en évitant les mots de passe bidons et faciles à casser », ajoute Joseph Atick.

Sécurité, fiabilité et bonnes pratiques

Le projet indien Aadhaar marque une étape importante dans ce domaine. A la fin des années 2000, afin de faire payer plus d’impôts et de mettre fin aux identités multiples ou inexistantes, faute de registres d’état civil, le gouvernement indien lance le projet d’identification numérique de sa population basé sur la biométrie. Cela lui fournit également l’occasion de procéder à un recensement. Chaque citoyen est identifié par un numéro à 12 chiffres, ses empreintes digitales, les photos de ses iris et de son visage, ainsi que ses noms, sexe, date et lieu de naissance. Ces informations sont enregistrées dans une gigantesque base de données, qui fait d’Aadhaar le projet d’identification nationale le plus important à ce jour, avec 1,3 milliard de personnes recensées. Toutefois, le projet est sujet à controverse, la sécurité des accès comme la fiabilité des données fournies par les personnes elles-mêmes sont mises en doute par certains observateurs. Au-delà de ces critiques, « Aadhaar a favorisé l’inclusion financière : à titre indicatif, l’Inde a enregistré la création de 200 millions de nouveaux comptes bancaires après le déploiement de l’identifiant numérique », précise Joseph Atick.

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