Economie

Une production trop importante de lait bio fragilise la filière

Dans une ferme de Bernières-le-Patry (Calvados), le 19 février 2016.

« Les agriculteurs bio, au quotidien, ils font la démonstration qu’un autre modèle est possible. Ils nous redonnent espoir », a lancé Nicolas Hulot, à l’ouverture du Congrès mondial de la Bio, qui s’est tenu du lundi 6 au vendredi 10 septembre à Rennes, et dont il avait accepté le parrainage.

Par une concordance des calendriers, ce rassemblement d’acteurs impliqués dans une agriculture plus respectueuse de l’environnement a fait écho au Congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature, à Marseille. Déclin de la biodiversité et crise climatique étaient au cœur des débats dans la cité phocéenne. « L’agriculture est un point névralgique de la crise écologique. Elle peut en être la cause, la solution, mais aussi la victime. Ici, nous sommes tournés vers la solution », a ajouté M. Hulot.

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En France, les rangs des agriculteurs désireux de se passer d’engrais et de pesticides de synthèse ne cessent de s’étoffer. Selon l’Agence Bio, le nombre de fermes bio a encore progressé de 13 % en 2020, pour atteindre 53 483. Le mouvement s’est poursuivi au premier semestre 2021.

Un fort dynamisme, malgré des parcours souvent semés d’embûches. En 2021, les producteurs de lait bio en font la dure expérience. Le pis des vaches a été généreux, et les fournisseurs plus nombreux, alors même que la consommation de produits laitiers estampillés de la petite feuille marquait un temps d’arrêt. Résultat : un trop-plein a déséquilibré le marché.

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« Il faut comprendre que la filière bio se construit par paliers. Avec des vagues de conversion d’agriculteurs successives. En parallèle, la consommation de produits bio progressait à un rythme de 15 % à 20 % par an. Or, cette année, elle s’est stabilisée », explique Emmanuel Vasseneix, patron de l’entreprise d’agroalimentaire LSDH. « Au premier semestre 2021, la production laitière bio a progressé de 11 %, avec des pics à 16 % et 17 % en mai et juin, favorisés par une forte pousse d’herbe dans les prés », précise Benoît Rouyer, directeur de la prospective économique du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière.

Guerre des prix dans les supermarchés

« Ce n’est pas la première crise de croissance que la filière laitière bio traverse, mais les volumes aujourd’hui sont plus importants et donc le pilotage est plus délicat », souligne Ivan Sachet, animateur de l’Organisation de producteurs Seine et Loire, qui chiffre le volume de lait bio total à 1,1 milliard de litres en 2020. Face à la difficulté d’écouler les volumes, le surplus a été déclassé, et parfois vendu comme un lait conventionnel sans OGM. A la clé : une baisse de prix.

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