Economie

Pas de hausse du prix du lait pour les éleveurs

Dans une ferme de Chailloué (Orne), le 18 novembre 2020.

« Depuis trois mois, je ne me suis pas versé de salaire », témoigne Frédéric Epineau, producteur de lait dans l’Orne et président de l’Organisation des producteurs Lactalis Grand Ouest. « Pourtant, en avril-mai, le prix du lait était reparti à la hausse. Je n’avais jamais vu cela en cette période de l’année. Mais, durant l’été, il n’a pas atteint le niveau escompté », poursuit-il

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Installé depuis huit ans, M. Epineau, en contrat avec Lactalis, se dit inquiet. Quand il a arrêté ses comptes annuels, fin mars 2021, il n’a pu que constater une baisse du prix du lait de 15 euros les 1 000 litres en moyenne par rapport à l’exercice précédent. Selon l’institut public FranceAgriMer, le lait standard a été payé, en moyenne, 329 euros la tonne en 2020, en recul de 6 euros. Une dépréciation qu’industriels et coopératives – Lactalis et Sodiaal en tête – ont justifiée par les aléas liés à la crise due au Covid-19.

La filière s’était organisée pour absorber le trop-plein lié à la fermeture brutale de la restauration et des cantines, lors du premier confinement, au printemps 2020. « Nous avons passé cette crise sans demander un centime aux pouvoirs publics », tient à rappeler Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), branche spécialisée du syndicat FNSEA.

L’étau financier se resserre

Passé le choc, les consommateurs ont cependant acheté plus de lait, de beurre ou de yaourts en magasin. En outre, les exportations de produits laitiers français n’ont pas faibli. D’après les données du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, elles ont crû en 2020 en valeur, pour atteindre 7,32 milliards d’euros. A l’inverse, les importations se sont affichées en léger retrait, à 3,86 milliards d’euros. Résultat : les produits laitiers hexagonaux ont contribué à hauteur de 3,46 milliards d’euros au solde positif de la balance commerciale.

Pour autant, les éleveurs ont dû se serrer une nouvelle fois la ceinture. « En 2021, la conjoncture d’une façon globale est légèrement meilleure qu’en 2020, sauf que, côté prix payé aux producteurs, on patine », souligne M. Roquefeuil. Sur les six premiers mois de 2021, les éleveurs ont touché en moyenne 330 euros la tonne de lait standard.

Or, en parallèle, les charges ne cessent d’augmenter. Entre la hausse des cours du soja, du colza ou des céréales, et le rebond de la facture énergétique, l’étau financier se resserre. L’indice du coût de production a progressé de 8 % depuis début 2021. Alors que vont s’ouvrir les négociations commerciales entre industriels et distribution pour fixer les tarifs des produits à marque, la FNPL sonne l’alarme : « Cette explosion des charges vient mettre en évidence l’impérieuse nécessité du respect entier et immédiat de la loi EGalim [agriculture et alimentation] de 2018. La situation ne serait pas aussi critique si le lait destiné à la France était réellement payé au moins au niveau de l’indicateur de prix de revient dont le calcul a été élaboré et validé à l’unanimité par l’interprofession. »

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