Economie

l’aluminium triomphe sur le « Ring » de Londres

Des rouleaux de feuilles d’aluminium, dans une usine de Wuhan (Chine), le 8 mai 2021.

Au printemps 2020, le « Ring », la célèbre vente à la criée du London Metal Exchange (LME), à Londres, était à terre. Mis à bas par la crise liée au coronavirus. Un événement dans le monde des marchés, la vénérable enceinte britannique n’ayant jamais fermé depuis la seconde guerre mondiale. Après des mois de suspense, au cours desquels le LME a basculé vers des transactions entièrement numérisées, l’anneau de canapés rouges a retrouvé son public, lundi 6 septembre. Les courtiers ont redonné de la voix pour négocier cuivre, étain ou aluminium.

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A la mise en sourdine du « Ring », le cuivre sonnait le tocsin, donnant le la aux autres métaux laminés par l’inexorable avancée de la pandémie de Covid-19. Le cours de l’aluminium était grevé et s’élevait à près de 1 500 dollars (environ 1 300 euros) la tonne. Le coup de frein brutal de l’économie faisait dégringoler les matières premières. Dix-huit mois plus tard, le décor est identique, mais le changement de ton, radical. Même si d’aucuns constatent une baisse du volume des échanges, les courtiers s’échauffent et ravivent la flamme de la spéculation.

L’aluminium triomphe sur le « Ring ». Mercredi 8 septembre, la tonne de métal poids léger a franchi la barre des 2 800 dollars. Son niveau le plus haut depuis 2008. Cela représente une progression spectaculaire de près de 90 % depuis son trou d’air consécutif à la crise sanitaire. Pour comprendre cette envolée, il faut se tourner vers la Guinée.

Inquiétude des investisseurs

Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest regorge de minerais, et en particulier de bauxite. Ses sous-sols contiendraient environ un quart des réserves mondiales. Or, de cette roche rouge est extraite l’alumine, transformée ensuite en aluminium. Le renversement du président Alpha Condé suivi de la prise du pouvoir par les putschistes, dimanche 5 septembre, a suscité l’inquiétude des investisseurs quant à l’approvisionnement international en bauxite.

Si cet événement politique a contribué à la surchauffe du métal brillant, sa trajectoire ascensionnelle avait débuté bien avant. La reprise économique après le coup d’arrêt provoqué par le coronavirus a donné un second souffle aux matières premières. L’aluminium a bénéficié d’un retour de flamme. D’autant que ce métal séduit nombre d’industriels et s’affirme comme l’un des outils de la transition énergétique. Or, en parallèle, la Chine, qui fournit 60 % des volumes mondiaux, a restreint sa production. L’aluminium, pris en étau, flambe.


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