Economie

Hermès augmente ça production

A l’usine Hermès de Saint-Vincent-de-Paul (Gironde), le 9 septembre.

La main hésite. Les fils s’emmêlent. Et le point obtenu est irrégulier. Depuis lundi 6 septembre, la promotion P6 de la maroquinerie Hermès de Saint-Vincent-de-Paul (Gironde) apprend à coudre à l’aide de deux aiguilles, de deux fils de lin ciré et d’une alène, poinçon au manche de bois propre à percer le cuir. La présence d’Axel Dumas, gérant d’Hermès, de son état-major, des officiels de la région Nouvelle-Aquitaine et des élus de la municipalité, vendredi 10 septembre, lors de l’inauguration officielle de ce site de production de sacs, trouble aussi beaucoup cette quarantaine d’apprentis.

Parmi eux figurent surtout des candidats à une reconversion professionnelle, observe une formatrice. Les autres ont, dès l’enseignement secondaire, « tout fait » pour « entrer là », avoue Adrien Brejou, bachelier de 20 ans du lycée professionnel Jean-Rostand d’Angoulême. Parce qu’« Hermès, c’est le Graal ».

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Ce petit-fils de bourrelier sait combien « les méthodes, les techniques » du sellier sont singulières. Et déjà, il a repéré « la qualité des moyens et des outils » de la marque de luxe dont il espère « fabriquer le Kelly », le modèle phare d’Hermès, qui exige quinze à vingt heures de montage. Il lui faudra rester concentré, adroit, patient, minutieux. Humble, probablement aussi. Car quinze à dix-huit mois de formation sont théoriquement nécessaires pour maîtriser les gestes du maroquinier et espérer décrocher un CAP. « Il faut dix ans pour former un artisan à tous les modèles et à tous les cuirs », affirme Axel Dumas.

Une forte demande en Asie et aux Etats-Unis

La marque, qui vient de créer son propre centre de formation et d’apprentissage, à Fitilieu (Isère), forme ainsi chaque année des centaines d’apprentis. Depuis 2010, Hermès a ouvert neuf maroquineries en France, portant à plus de 4 000 le nombre d’artisans selliers-maroquiniers au sein du groupe. La maroquinerie de Saint-Vincent-de-Paul – la dix-neuvième exploitée en France – a été ouverte fin 2020 ; elle emploie aujourd’hui 180 personnes. A terme, elle pourrait compter près de 300 salariés.

« Depuis le début de l’année 2021, nous avons créé 400 emplois », précise M. Dumas. Et, au sein de cette entreprise de 17 000 employés, dont 5 600 artisans, les besoins demeurent. Trois autres maroquineries sont en cours d’aménagement à Louviers (Eure), pour une ouverture en 2022, Tournes (Ardennes), pour 2023, et Riom (Puy-de-Dôme), pour 2024. Chacune pourrait employer 300 personnes. Hermès va aussi agrandir son site de Saint-Junien (Haute-Vienne). Près de Lyon, à Pierre-Bénite (Rhône), la marque a décidé d’étendre son atelier de soie, où sont imprimés ses foulards.

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