Economie

Le dernier budget du quinquennat Macron encore largement inachevé

Le dernier budget d’un quinquennat est rarement celui des grandes décisions. Le cinquième projet de loi de finances (PLF) du mandat d’Emmanuel Macron, qui sera présenté le 22 septembre en conseil des ministres, dérogera-t-il à la règle ? C’est en tout cas une copie encore largement inachevée que le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, devait envoyer, vendredi 10 septembre, au Haut Conseil des finances publiques, l’instance chargée de donner un avis sur les perspectives macroéconomiques qui sous-tendent le budget.

En effet, la version actuelle du PLF n’intègre pas deux des grands chantiers des derniers « 200 jours » de mandat du chef de l’Etat : le plan d’investissement, déjà baptisé « France 2030 », et le revenu d’engagement. Le premier, dispositif visant à faire émerger des filières industrielles d’avenir, dont l’enveloppe totale étalée sur plusieurs années devrait avoisiner les 30 milliards d’euros, a été décalé de septembre à la première quinzaine d’octobre et sera introduit par amendement gouvernemental durant la discussion du texte, traditionnellement voté fin décembre.

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Il devrait en être de même pour le revenu d’engagement, successeur de la « garantie jeunes », censé offrir un accompagnement vers l’emploi assorti d’une aide financière aux 18-25 ans éloignés du marché du travail. « Ce sont deux volets de politique publique qui demandent du temps. Un mois de plus ou de moins pour un plan d’investissement à dix ans, cela n’a pas grande importance », assure-t-on à Bercy.

Surcroît de recettes fiscales

Conséquence : le déficit public, attendu à 8,4 % du PIB en 2021, est largement en suspens pour 2022. Il est prévu à 4,8 % du PIB l’an prochain, mais sera nécessairement alourdi, une fois intégrées les mesures en cours d’élaboration. Il devrait toutefois rester « inférieur à 5,3 % » – montant prévu dans le programme de stabilité envoyé à Bruxelles en avril –, assure-t-on à Bercy.

En dépit d’une embellie économique notable, les objectifs de croissance n’ont pas été modifiés : le gouvernement table toujours sur une hausse de 6 % du PIB cette année et de 4 % pour 2022, comme prévu en avril. L’exécutif ne prévoit pas, par ailleurs, de nouveaux crédits affectés aux mesures d’urgence pour les entreprises touchées par la crise en 2022.

La vigueur de l’activité post-crise due au Covid-19 devrait en revanche se traduire par un surcroît de recettes fiscales sur les trois principaux impôts que sont la TVA, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, formant une « cagnotte », un terme récusé par Bercy. « On ne dépensera pas l’intégralité des fruits de la croissance. Une partie ira à la réduction des déficits et de la dette », précise le ministère. « On peut conjuguer retour à la croissance et rétablissement raisonnable des finances publiques », martèle Bruno Le Maire, affirmant que la dette publique, « légèrement inférieure à 116 % » cette année, sera ramenée à 114 % en 2022.

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