Economie

Minées par le Covid-19, les foires d’art espèrent enfin se relancer

Installation de « Il Sussurro » (« Le Murmure », 2021), une œuvre de Lorenzo Mattotti, dans la Galerie Martel, au Grand Palais éphémère, le 7 septembre 2021, pour le salon Art Paris Art Fair.

Attention, carambolage en vue ! Par le jeu des reports liés à la pandémie de Covid-19, plusieurs foires d’art vont se chevaucher. Art Paris Art Fair ouvre le bal, jeudi 9 septembre, dans le tout nouveau Grand Palais éphémère signé Jean-Michel Wilmotte, au Champ-de-Mars. Au même moment, de l’autre côté de la Manche, Photo London se relance à Somerset House, dans la capitale britannique. Outre-Atlantique, l’Armory Show inaugure le même jour ses nouveaux pénates au Javits Center, à New York.

A peine les galeries auront-elles remballé leurs stands que certaines rejoindront la foire de photo Unseen, qui débute à Amsterdam le 17 septembre. Avant de pousser, quelques jours plus tard jusqu’à Bâle, où se tiendra, dès le 20 septembre, Art Basel, la plus importante foire d’art moderne et contemporain au monde. Enfin… si elles le peuvent.

Lire aussi : Les foires d’art contemporain priées de baisser les prix réclamés aux galeries

Un quart des 212 exposants de l’Armory Show ont dû opter pour la version en ligne du salon, les Etats-Unis interdisant toujours aux ressortissants de l’Union européenne de venir librement sur leur territoire. A la fin du mois d’août, Washington a aussi déconseillé à ses ressortissants de se rendre en Suisse, où la flambée du variant Delta se poursuit.

Les restrictions, variables d’un pays à un autre, jouent avec les nerfs des plus motivés. Ainsi, pour pousser la porte d’Art Basel, où la jauge a été réduite de 20 %, la carte VIP ne suffit plus. Un passe sanitaire est exigé, dûment vérifié par un centre de certification ad hoc installé à proximité du salon. Or la Suisse ne reconnaît pas les vaccins AstraZeneca et Spoutnik V. Autant dire que les professionnels britanniques ou russes devront se plier à un test PCR, pour lequel Art Basel recommande de prendre d’ores et déjà rendez-vous. Ces contraintes ont suscité une levée de boucliers parmi certains exposants, qui exigent rien de moins que l’annulation de l’édition.

« Les gens ont soif de rencontres »

Afin d’apaiser l’atmosphère, Art Basel a créé un fonds de solidarité doté de 1,5 million de francs suisses (environ 1,4 million d’euros) destiné aux exposants qui ne rentreront pas dans leurs frais. Toutefois, tant que la situation sanitaire reste sous contrôle, il n’est pas question d’annuler. Pour son organisateur, MCH – qui organise aussi le salon d’horlogerie Baselworld –, ce rendez-vous est d’autant plus vital que ses revenus ont fondu de 60 % en 2020. Et avec 29,4 millions de francs suisses de pertes au premier semestre 2021, cette année est aussi mal engagée. Pour remonter la pente, la société avait ouvert l’année précédente son capital à James Murdoch, fils du magnat ultraconservateur des médias Rupert Murdoch, lequel a injecté 74,5 millions de francs suisses.

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