Economie

« Deutsche Telekom n’a pas hésité à vendre quelques bijoux européens pour renforcer son ancrage aux Etats-Unis »

Siège du géant allemand des télécommunications, Deutsche Telekom, à Bonn, dans l’ouest de l’Allemagne, le 25 octobre 2019.

Le capitalisme allemand a toujours rêvé de l’Amérique. On se souvient de Daimler accédant au podium mondial de l’automobile par son mariage avec Chrysler en 1998, avant de déposer les armes dix ans plus tard. C’est, cette fois, au tour de Deutsche Telekom, l’opérateur téléphonique historique, de tenter de s’imposer au pays de l’Oncle Sam. Il n’en est pas loin, puisqu’il est désormais, avec sa marque T-Mobile, le deuxième opérateur mobile des Etats-Unis en nombre d’abonnés.

Lire aussi Etats-Unis : l’opérateur téléphonique T-Mobile victime d’un piratage massif de son système informatique

Il a poussé son avantage, ce mardi 7 septembre, en officialisant un accord d’échange d’actions avec le groupe japonais SoftBank pour renforcer son contrôle sur sa filiale américaine. Celle-ci avait changé de dimension en 2020 en fusionnant avec son concurrent Sprint, propriété du japonais et troisième opérateur du pays. Softbank récupère 4,5 % de Deutsche Telekom qui, en contrepartie, détiendra désormais plus de 48 % de sa filiale américaine.

L’allemand est à quelques encablures de son objectif de dépasser les 50 % du capital de son joyau américain, qui représente déjà près de 60 % de ses profits. On comprend donc l’enthousiasme de l’opérateur germanique. Il n’a d’ailleurs pas hésité à vendre quelques bijoux européens pour renforcer son ancrage outre-Atlantique. Ce même 7 septembre, il a annoncé la vente de sa filiale néerlandaise à un fonds d’investissement pour près de 5 milliards d’euros.

Terrain plus fertile que l’Europe

Pendant plus de vingt ans, tous les vautours étrangers ont tourné autour de Sprint, l’éternel canard boiteux des télécoms américaines. En 1995, au temps où ce métier était encore largement sous monopole, Deutsche Telekom s’était allié à France Télécom pour fusionner leurs opérations internationales avec celles de Sprint. Le prélude à une fusion géante qui a tourné court quatre ans plus tard.

Mais l’allemand a de la ténacité. Il constate surtout que le terrain américain, avec trois acteurs majeurs (Verizon, AT&T et T-Mobile), est bien plus fertile que l’européen et sa quarantaine d’opérateurs prisonniers de marchés morcelés. Deutsche Telekom a beau être présent dans une bonne partie des pays de l’Est, il n’en retire pas les même bénéfices qu’aux Etats-Unis. Explication : un abonnement mobile coûte, à prestation équivalente, de 10 à 20 euros de plus aux Etats-Unis que sur le Vieux Continent. D’où l’arbitrage en faveur de l’Amérique contre l’Europe.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Orange : « Jamais on a autant câblé les Français qu’en 2020 »

Et bien lui en a pris. Quand le patron d’Orange, Stéphane Richard, se remettait à rêver d’une union franco-allemande en 2012, les deux firmes avaient des chiffres d’affaires proches, 58 milliards d’euros pour l’allemand, 45 milliards pour le français. Aujourd’hui, Deutsche Telekom pèse deux fois plus que son voisin d’outre-Rhin avec des ventes dépassant les 100 milliards d’euros.

Il vous reste 12.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page