Economie

La Mégane électrique, acte I de la « Renaulution »

Le 2 juillet 2020, dès le lendemain de son arrivée aux commandes de Renault, Luca de Meo se rend au Technocentre de Guyancourt (Yvelines). C’est une sorte de journée découverte. Face à lui s’alignent les prototypes des modèles destinés à être commercialisés dans les années à venir. « Des voitures, plus ou moins les mêmes, se faisant parfois concurrence, et pas toujours destinées aux marchés les plus rentables. Je n’étais pas très content », avoue-t-il un an plus tard.

Programmée pour 2022 afin d’élargir une gamme « zéro émission » – limitée de facto à la vieillissante Zoe –, la future MéganE (électrique) inspire au nouveau directeur général une forme de compassion avec « ses petites roues et sa petite peinture vert métallisé ». Un peu en retrait, le dirigeant italien remarque toutefois une autre version du modèle. Un alter ego conçu par Renault Sport et qui, en cas de succès de la MéganE, aurait pu être lancé deux ans plus tard. « Elle avait de grandes roues et sa partie avant était bien plus nerveuse. Je leur ai tout de suite dit que c’est celle-là qu’il fallait lancer », se souvient-il.

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Poursuivant sa visite, le nouveau patron découvre une Belle au bois dormant, entraperçue d’un couloir. Il s’agit d’une réinterprétation « rétrofuturiste » et électrique de la R5 des années 1970 dont elle a conservé la teinte orange vif. « C’est exactement ce qu’il nous faut. Pourquoi ne l’avez-vous pas produite ? », s’étrangle le dirigeant italien qui, lorsqu’il travaillait à Turin, porta la nouvelle Fiat 500 sur les fonts baptismaux. Voilà la remplaçante toute trouvée de la Zoe à l’horizon 2024.

Vent nouveau

Ce contact liminaire assez rude va déclencher un sérieux coup de balai. En six semaines, le plan produit des cinq années à venir est entièrement revu. En huit mois, onze modèles inédits sont programmés – jusqu’alors le rythme annuel était de deux par an – et sept projets sont reportés sine die. « J’ai un peu tout chamboulé », dit en souriant Luca de Meo, qui prend en main le repositionnement de la future berline électrique. Il veut en faire l’acte fondateur de la « Renaulution », qui fera souffler un vent nouveau sur un constructeur dont les ventes sont en berne, et les pertes, abyssales (8 milliards d’euros en 2020).

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Il impose que l’on rattache ce modèle non pas au segment B, celui des citadines, mais au segment C, celui des voitures moyennes. Un glissement sémantique facilité par l’architecture propre à un modèle électrique, capable d’offrir malgré des dimensions contenues (4,21 mètres) un volume habitable comparable à celui de la catégorie supérieure.

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