Economie

Malgré leurs promesses, les banques européennes continuent les financements polluants

Sur le papier, il s’agit d’un changement fondamental de l’économie. Vingt des vingt-cinq plus grandes banques européennes promettent désormais d’être neutres en émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Ces promesses s’étendent à l’ensemble de leur portefeuille de clients et impliquent la fin du financement des industries participant au réchauffement climatique.

Mais derrière les grands engagements la main sur le cœur, la réalité peine à suivre. Dans un rapport publié lundi 6 septembre, l’association britannique ShareAction étrille l’absence d’un vrai changement de politique. « Si les banques respectaient leur engagement de neutralité carbone d’ici 2050, cela pourrait réallouer des milliers de milliards d’euros de financement vers d’autres secteurs, mais cela n’est pas le cas sur le terrain actuellement », explique Xavier Lerin, l’un des auteurs du rapport.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Climat : les banques européennes mal préparées à la perte de valeur de leurs actifs fossiles

2050 est un objectif lointain et les banques manquent d’objectifs intermédiaires précis, souligne-t-il. Seules trois d’entre elles – les établissements britanniques Lloyds Banking Group et NatWest, et le finlandais Nordea – se sont engagées à réduire de moitié leurs émissions d’ici 2030, ce qui est pourtant nécessaire pour atteindre la neutralité climatique en 2050. Huit seulement ont pris des engagements précis pour réduire leurs financements aux deux secteurs les plus polluants, à savoir l’extraction d’énergies fossiles et la production d’énergie.

Pis, les banques ne comptent généralement que les clients qu’elles financent directement par un prêt, sans inclure leur travail sur les marchés de capitaux (à l’exception de Barclays). En clair, si elles aident une major du pétrole à émettre une obligation, cela n’est pas compté dans leur empreinte carbone.

Absence de transparence

M. Lerin et sa collègue, Jeanne Martin, ont passé au crible les longs rapports environnementaux des banques, chaque année plus épais, et ont dialogué avec elles pour obtenir davantage de détails. Pour la France, ils ont scruté BNP Paribas, le groupe BPCE, le Crédit agricole, le Crédit mutuel et la Société générale. Ils se refusent à réaliser un classement des meilleurs et des pires élèves, chaque établissement se distinguant sur différents points. Le Crédit agricole est cité comme un exemple positif pour son désengagement progressif du financement du charbon, ING pour son retrait des navires porte-conteneurs les plus polluants et BNP Paribas pour son travail sur la biodiversité.

Les auteurs du rapport ont buté sur l’absence de transparence des banques quant à leurs engagements environnementaux. « Leurs critères et leurs promesses sont très opaques, critique M. Lerin. Il n’y a aucun consensus dans les différentes approches et la façon de les mesurer. »

Il vous reste 36.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page