Economie

« L’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre doit avoir le moindre impact social »

Tribune. Dans la torpeur de l’été, le GIEC a publié le premier volume de son sixième rapport consacré aux nouvelles informations scientifiques sur le changement climatique en cours. A force de répéter que l’humanité affronte un danger mortel, le message perd de sa puissance émotionnelle et de sa force mobilisatrice. L’heure est pourtant à la mobilisation générale. L’impact de la transition énergétique, si elle est bien menée, sera largement plus faible que celui de l’inaction, qui conduirait à terme à des dommages climatiques exorbitants dont nous ne percevons aujourd’hui que les prémices.

Si nous décidions collectivement de réagir au danger, nous devrions tous accepter, d’une façon ou d’une autre, des modifications parfois dérangeantes de nos modes de vie. Il nous faut accepter qu’une partie plus importante de nos revenus finance la transition plutôt que la consommation.

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Cet effort massif, socialement désirable, n’est pas individuellement attractif. Les transports publics sont moins confortables que la voiture ; la réduction de la vitesse maximale sur route allonge les temps de parcours ; l’interdiction des vols aériens rétrécit les perspectives de vacances ; le soutien public aux énergies renouvelables augmente la facture d’électricité.

L’urgence de l’action climatique ne devrait cependant pas justifier n’importe quoi. L’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre devrait être atteint au moindre impact social, en particulier dans un contexte de pandémie et de fragilité du pouvoir d’achat, comme le montre le mouvement des « gilets jaunes ».

La moitié du chemin

Les secteurs du transport et du chauffage vont être cruciaux. Parce qu’on n’a pas su ou pas voulu inciter les usagers de la route à intégrer l’enjeu climatique dans leurs décisions de mobilité, les émissions du secteur transport ont crû de 122 à 137 millions de tonnes de CO2 entre 1990 et 2015. Toutes les tentatives de favoriser le transport par rail ont échoué jusqu’à maintenant. Et remplacer la voiture thermique par la voiture électrique reste coûteux pour la collectivité : 200 à 300 euros par tonne de CO2 évitée (tCO2e) en 2025 (« Les coûts d’abattement. Partie 2. Transports », France Stratégie, juin 2021). Les perspectives ne sont pas meilleures dans le secteur de l’habitat, où les émissions ont stagné depuis trente ans. Le mécanisme de certificats d’économies d’énergie incitant les ménages à mieux isoler leur habitation coûtait environ 350 euros par tCO2e (« Etude économique et économétrique sur le dispositif des certificats d’économies d’énergie », Mathieu Glachant, Union française de l’électricité, octobre 2020).

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