Economie

« Le gel de printemps a amputé la récolte de noisettes. On devrait subir une incidence de 50 % sur le potentiel de production »

Avis aux épargnants, la récolte de noisettes a démarré. Dans le Lot-et-Garonne ou le Tarn-et-Garonne, les deux départements les plus prisés des écureuils, les cueilleurs s’activent. Il faudra toutefois attendre mi-octobre pour faire les comptes. Mais les agriculteurs ne se font guère d’illusions. Cette année, leurs sacs de fruits à coque seront moins remplis que l’insubmersible Livret A.

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« Le gel de printemps a amputé la récolte. On devrait subir une incidence de 50 % sur le potentiel de production », estime Jean-Luc Reigne, directeur général de la coopérative spécialisée Unicoque, installée à Cancon en Lot-et-Garonne. La vague de froid polaire qui a glissé sur la France début avril n’a pas épargné cette région. Sur les arbres les plus précoces, les noisettes ont gelé.

Or, tous les arboriculteurs le savent, Dame Nature aime la valse à deux temps. Une année est fructifère, l’autre non. 2021 devait l’être, mais elle en a décidé autrement. Elle a changé de disque et opté pour le ballet Casse-Noisette. Résultat, les producteurs vont danser devant le buffet, avec une nouvelle petite récolte estimée entre 6 000 et 7 000 tonnes.

Coffre-fort très convoité

Pour autant, que les amateurs de chocolats pralinés ou de pâte à tartiner se rassurent. Nul besoin de se ruer dans les rayons de supermarché. En Turquie, les branches des noisetiers ploient sous le poids des fruits. La production pourrait atteindre un niveau historique de 800 000 à 840 000 tonnes. Sachant que ce pays détient 75 % de la ressource mondiale. Un vrai coffre-fort très convoité. Sans surprise, le plus grand croqueur de fruits à coques l’a braqué. En l’occurrence, l’italien Ferrero, qui s’est emparé en 2014 du groupe turc Oltan, afin de maîtriser l’ingrédient stratégique du Nutella.

Mais en Italie, Ferrero a fort à faire avec ses concurrents. En particulier le groupe Barilla, qui a lancé sa propre pâte à tartiner, sous la marque Pan di Stelle. Pour séduire les gourmands, il affiche sa différence : dans sa recette, moins de sucre, pas d’huile de palme et surtout davantage de noisettes, italiennes de surcroît. Des arguments qui font mouche au pays de la fameuse noisette du Piémont. D’autant qu’une polémique sur le travail des enfants payés quelques noisettes dans les champs turcs a assombri le tableau.

En France, même si de nouveaux vergers ont été plantés, la surface de noisetiers est limitée à 6 500 hectares

Ferrero a décidé de répliquer avec une initiative baptisée « Progetto Nocciola Italia ». Ou comment inciter des agriculteurs transalpins à planter 20 000 hectares de noisetiers d’ici à 2025. Soit une augmentation de surface de 30 %. Le projet suscite des critiques de ceux qui craignent qu’oliviers ou vignes soient arrachés pour faire place à une monoculture lucrative. Ou comment chercher des noises à la noisette…

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