Economie

Comment investir « high-tech » dans l’art en achetant des œuvres NFT ?

Faut-il acheter des NFT (« Non Fungible Tokens », en français « jetons non fongibles »), ces lignes de code renvoyant à une œuvre numérique et à un certificat enregistré dans la blockchain ?

Les collectionneurs les plus ouverts à la nouveauté s’interrogent. Le record de 69 millions de dollars (environ 58 millions d’euros) décroché en mars chez Christie’s par un NFT de l’artiste américain Beeple a affolé leur boussole. L’esthétique souvent kitsch du « crypto-art » les fait hoqueter. Ces images fixes ou animées, parfois puériles, aux couleurs criardes, qui « hystérisent » le marché sont-elles vraiment des œuvres ?

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Depuis le printemps 2021, la bulle spéculative a explosé. Mais le volume des échanges reste solide, de l’ordre de 2,5 milliards de dollars au premier semestre.

Au point que des stars patentées, comme Urs Fischer et Damien Hirst, ou leur cadet Neïl Beloufa, se sont engouffrées dans la brèche, suivies par de puissantes galeries, telles qu’Almine Rech ou Pace. « Il y a moins de spéculateurs, et nous sommes désormais dans une logique très proche du marché de l’art plus classique », avance la conseillère new-yorkaise Fanny Lakoubay.

Douze chiffres à ne pas perdre…

Pas simple, malgré tout, de franchir le pas, d’autant qu’il faut au préalable maîtriser un nouveau sabir anglophone. Brian Beccafico, étudiant de 24 ans chez Sotheby’s Institute, est rompu depuis longtemps au jargon. Mais, admet-il, il a hésité avant d’acheter son premier NFT, une œuvre de Beeple, emportée en un clic pour 1 500 dollars en septembre 2020. « J’ai reçu plusieurs offres de rachat, notamment à 150 000 dollars, mais je n’ai pas revendu », tient-il à préciser.

Le jeune homme, qui en un an a accumulé plus d’une centaine de NFT, les consulte généralement sur son smartphone, son compte Instagram et dans la galerie virtuelle de son ordinateur.

« The Seeker » par DesLucreces, de la collection personnelle de Brian Beccafico.

Conquis, il a incité sa mère, Odile Finck, 63 ans, à faire de même. Collectionneuse chevronnée depuis près de quarante ans, cette femme d’affaires possède des artistes de la figuration narrative et des nouveaux réalistes. Mais, confie-t-elle, « les NFT sont plus dans l’air du temps que les choses classiques qu’on voit dans les foires d’art et qui ne me font plus rêver ».

Aujourd’hui, Odile Finck n’hésite pas à rester éveillée tard dans la nuit pour ne pas rater la mise en vente des NFT des artistes qui l’intéressent. « On a entre une et cinq minutes pour dégainer, explique-t-elle. Une fois qu’on y a goûté, c’est l’addiction. » Mais, prévient-elle, il faut être accompagné : « Sans mon fils, je ne me serais pas jetée à l’eau. »

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