Economie

« Comment gérer cette économie commotionnée par le Covid-19 ? »

A la Bourse de New York, le 9 août 2021.

Une contraction excessivement violente, mais brève, suivie d’un retour rapide à la normale : il y a un an encore, c’est ainsi qu’on envisageait le scénario du choc du Covid-19. En apparence, le rétablissement n’a été que retardé : en juin, l’activité économique n’était plus que 2,5 % en-dessous de son niveau de la fin 2019, et en décembre, le rattrapage devrait être achevé ; démentant les alarmes, emploi et chômage ont rejoint leurs étiages antérieurs ; il n’y avait plus guère, en juillet, que 3 % de salariés en chômage partiel ; et l’investissement industriel devrait dès cette année effacer la baisse de l’an dernier.

Parallèlement, cependant, se multiplient pêle-mêle signes de dérèglements temporaires et indices de mutations durables, auxquels le choc sanitaire a probablement donné un coup d’accélérateur. Ce qui s’impose n’est plus l’image d’un choc passager, mais celle d’une commotion qui laisse endolori, un peu hébété, et surtout incapable de distinguer troubles temporaires, séquelles et nouveaux apprentissages.

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Le dérèglement est d’abord sectoriel, avec une consommation de biens durables qui dépasse nettement le niveau d’avant-crise et une consommation de services toujours déprimée. Un dixième environ de l’économie (hôtellerie, culture et événementiel, etc.) accuse un recul de l’ordre de 10 % de l’activité, tandis que le numérique et les télécoms sont en progrès de 7 %.

Certains secteurs voient leur activité limitée par l’insuffisance de la demande ; d’autres font face à des contraintes d’offre : si, par exemple, l’aéronautique continue à manquer de débouchés, l’automobile est handicapée par la pénurie de puces et la restauration souffre d’un manque de personnel.

La mondialisation est sens dessus dessous

La perplexité est générale quant au marché du travail. Aux Etats-Unis, le déficit d’emplois est encore de 5 %, mais les entreprises peinent à recruter, et le taux de sortie du chômage est de dix points inférieur à ce que laisserait attendre le niveau des offres d’emploi. En France, la situation est moins tendue, mais aujourd’hui les entreprises se jugent plus souvent contraintes par le manque de personnel (plus d’une sur cinq) que par le manque de débouchés (une sur six). Et dans 70 % des cas, ce sont des CDI qu’elles disent avoir peine à recruter. Entre effets des dispositifs de soutien, traumas psycho-sociaux, changements de métier et interrogations des salariés quant à leur avenir, personne ne sait bien ce qui se passe.

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