Economie

Ariane de Rothschild, entre la finance et les vignes

Ariane de Rothschild parle d’une bouteille de vin ou d’un pot de miel aussi longtemps et aussi sérieusement que d’une fusion-acquisition ou de la gestion d’un portefeuille d’actions. « Aussi divers et éloignés soient-ils, les deux univers sont complémentaires et se répondent », assure-t-elle. Son parcours colle pourtant d’abord aux métiers de la banque. Elle ajoute : « Dans les deux domaines, je ne laisse rien au hasard. » Allure sportive, tenue sobre, longs cheveux bouclés et yeux bleus perçants, elle décoche des phrases tranchantes qui collent à sa réputation, passionnée par l’univers de la finance, en effet, comme par celui de l’art de vivre. Et du vin.

Son mari, Benjamin de Rothschild, avec qui elle a eu quatre filles, est mort d’une crise cardiaque le 15 janvier, à l’âge de 57 ans. Il était l’unique héritier d’Edmond et Nadine de Rothschild, dont la fortune pèse quelque 4,5 milliards d’euros. Depuis la disparition brutale de son époux, Ariane de Rothschild se retrouve seule en première ligne à la tête du groupe, dont elle tient les clés depuis 2015, première femme à avoir atteint le sommet de cette dynastie familiale qui remonte au XVIIIe siècle.

Elle fait tomber les têtes

Benjamin de Rothschild, qui avait pour passions la voile, les voitures, la chasse, était connu comme un excellent banquier. Mais son épouse n’est pas seulement une « femme de ». Après un MBA à la Pace University, à New York, et forte d’expériences à la Société générale et chez AIG Trading, en Australie et à New York, elle entre chez Rothschild en 1993. Française, née Ariane Langner à San Salvador, ballottée durant toute son enfance entre l’Amérique du sud et l’Afrique, selon les lieux de mutation de son père, un Allemand cadre dans une entreprise mondialisée, elle parle cinq langues.

« Quand elle arrive dans la famille, Ariane est déjà une banquière hors pair », confirme Nicolas de Rabaudy, un proche des Rothschild et auteur d’une biographie (épuisée) consacrée à Edmond. Ce dernier meurt en 1997. Deux ans après, Ariane épouse son fils et héritier. A partir de 2008, Ariane de Rothschild siège aux conseils de surveillance des banques, à Paris et à Genève, présidés par son époux. Sept ans plus tard, elle en prend les rênes. Elle fait le ménage, opère une révolution en profondeur dans tous les domaines, non sans brutalité, selon une stratégie quasi-militaire. Des têtes tombent. Au contraire de son mari, elle n’aime pas déléguer. Les critiques, y compris en interne, pleuvent. Parce qu’elle est une femme, peut-être. Parce qu’elle n’est pas une Rothschild-née, sans doute. Parce qu’elle n’a que faire du conservatisme bancaire, sûrement.

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