Economie

Autocensure, sentiments d’illégitimité, accès au crédit compliqué… La longue route des femmes entrepreneuses

Un femme produit des masques à Teste-de-Buch (Gironde), le 15 avril 2020.

Depuis son magasin de meubles sur mesure installé à Reims (Marne), Céline Aubry mène, à son échelle, une petite croisade. Celle de convaincre les femmes de se lancer dans la création d’entreprise, comme elle-même l’a fait en juin 2018, et les accompagner dans cette aventure. Car, pour cette fille de commerçants, tombée dans l’entrepreneuriat dès le berceau ou presque, les choses ne vont pas de soi quand on ne baigne pas dans la même culture.

« Mon père était dans l’optique, j’avais même pensé racheter son entreprise, raconte la jeune femme. Quand j’ai choisi de lancer ma propre société, je n’avais pas de doute sur le fait qu’il allait pouvoir m’aider. La partie administrative du métier ne m’inquiétait pas du tout, j’avais une bonne connaissance du risque entrepreneurial, je me faisais assez confiance. Ma seule inquiétude était de savoir si j’allais pouvoir en vivre. »

Consciente que toutes ses semblables n’ont pas la chance d’avoir un père chef d’entreprise, Céline Aubry a choisi de participer au projet « Vis ma vie d’entrepreneuse », lancé par le réseau d’aide à la création d’entreprise Initiative France, en format pilote dans l’est et le nord de la France. L’idée : former des duos de femmes, l’une déjà lancée dans l’aventure et l’autre aspirante, la seconde venant passer deux journées aux côtés de la première afin de découvrir le quotidien d’une chef d’entreprise et trouver les réponses à ses questions.

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« J’ai reçu une femme qui avait vingt ans de plus que moi, raconte ainsi Céline Aubry. C’était une maman célibataire, elle avait énormément d’inquiétudes sur l’avenir et, finalement, elle ne s’est pas lancée dans la création d’entreprise. On retrouve très souvent ce cas de figure avec les femmes : à un moment, elles ont l’appel de la sécurité qui revient. C’est toute la différence d’approche entre les femmes et les hommes : ils ont beaucoup moins peur que nous. »

« Capital plus faible »

Si Initiative France a choisi, en cette rentrée 2021, de relancer ce projet à l’échelle nationale avec l’objectif de former 1 000 duos d’ici à un an, c’est bien pour tenter de combler un peu ce fossé qui sépare encore les femmes des hommes en matière de création d’entreprise. « Sur les 8 000 projets environ que nous accompagnons chaque année, 41 % seulement sont portés par des femmes », déplore Patricia Lexcellent, déléguée générale du réseau. Les chiffres sont identiques à l’échelle nationale.

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