Economie

Pékin renforce sa mise au pas de l’Internet en Chine

Un café Internet, à Pékin, le 31 août 2021.

Des stars qui disparaissent du jour au lendemain des réseaux sociaux, des entreprises bloquées dans leur expansion, des algorithmes « rectifiés », une censure toujours plus stricte… Pas une semaine ne passe sans que le pouvoir chinois ne renforce son emprise sur Internet. Tant les sociétés que les contenus sont visés.

Mi-mars, Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste (PCC), avait prévenu : « Pour se doter de forces nationales compétitives, la Chine instaurera et améliorera le système de gouvernance de l’économie de plate-forme en accordant une importance égale au développement et à la régulation dans le cadre des efforts menés pour promouvoir une concurrence loyale, lutter contre les monopoles et empêcher l’expansion désordonnée du capital. » Nous y sommes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pékin avertit à nouveau les géants chinois de la tech

Deux lois présentées en août et qui entreront en vigueur en novembre retiennent particulièrement l’attention. L’une porte sur la sécurité des données, l’autre sur la protection des informations personnelles.

« Pour la première fois, la loi explique que les données constituent un atout stratégique de la nation et qu’elles ne doivent pas appartenir à des entreprises privées, surtout si elles sont dans une situation monopolistique », décrypte Cédric Delzenne, directeur Asie de Fifty-Five, une société de conseil en exploitation de données marketing, installée à Hongkong. « Jusqu’à présent, le gouvernement était plutôt réactif par rapport à certains abus, désormais il définit le cadre a priori », ajoute-t-il.

Le capital rentre dans le rang

Si nombre d’experts jugent ces lois comparables au Règlement général sur la protection des données (RGPD), adopté en Europe en 2018, elles semblent plus strictes sur un point sensible : le transfert des données à l’étranger. Elles prévoient en effet que les entreprises devront obtenir l’accord des personnes concernées, mais aussi celui des autorités chinoises.

Déjà, depuis juillet, les entreprises chinoises qui veulent s’introduire en Bourse à l’étranger doivent recevoir l’accord préalable de l’administration du cyberespace chinois. Plusieurs fleurons de la tech ont préféré renoncer. Il faut dire que, pour avoir tenté de passer en force, Didi, le « Uber chinois », qui avait levé 4,4 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) sur le Nasdaq le 30 juin, a été lourdement sanctionné par l’administration du cyberespace quarante-huit heures plus tard. En quelques jours, l’entreprise a perdu le quart de sa valeur (17 milliards de dollars). Une mésaventure qui n’est pas sans rappeler celle d’Alibaba, qui, en novembre 2020, s’était vu interdire l’introduction sur les marchés de sa filiale financière Ant Group, quarante-huit heures seulement avant la date prévue.

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