Economie

« Entre les usines et les magasins, le transport maritime risque d’être le maillon faible du circuit de distribution dans les prochains mois »

Le porte-conteneurs « Marco-Polo » du français CMA-CGM, près de New York, le 20 mai 2021.

Pertes & profits. Y aura-t-il des jouets à Noël ? Les fabricants chinois ne chôment pas et les commerçants sont prêts à les disposer sur leurs étalages. Mais entre les usines et les magasins, le transport maritime risque d’être le maillon faible de la chaîne dans les prochains mois : les géants du secteur, comme le danois AP Moller-Maersk, l’italo-suisse MSC ou le français CMA-CGM, travaillent à flux tendu et manquent de porte-conteneurs. Une pénurie qui entraîne une envolée des taux de fret, les tarifs fixés par les armateurs.

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La demande mondiale de ce type de transport va s’accroître de 6 % à 8 %, selon Maersk. En présentant ses comptes du deuxième trimestre, fin août, marqués par un profit record de 3,5 milliards de dollars (3 milliards d’euros), les dirigeants de l’armateur marseillais CMA-CGM ne cachaient pas que la forte tension sur les capacités de transport de biens de consommation « devrait se poursuivre jusqu’au premier semestre 2022 ».

Commandes « en plein essor »

Depuis plus d’un an, en effet, les entreprises reconstituent leurs stocks. Et quand ils ne thésaurisent pas leur surplus d’épargne, les consommateurs achètent des produits manufacturés plutôt que des services (voyages, loisirs…), encore pénalisés par la crise sanitaire. Les grands du shipping ne peuvent pas suivre la demande et cherchent à renforcer leurs flottes au plus vite.

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Les commandes de porte-conteneurs sont « en plein essor », notent les analystes de Banchero Costa, cités par l’AFP. Le courtier maritime italien en a répertorié 276 depuis janvier. Les premiers navires ne seront pas opérationnels avant 2023, où les livraisons auront retrouvé leur niveau record de 2015. En attendant, les armateurs freinent les envois vers les chantiers de démolition et cherchent partout des navires d’occasion. L’association écologiste Robin des Bois, qui tient un registre de la casse, n’a pas fourni d’informations depuis près d’un an.

Dans le « monde d’après », il n’y aura pas moins de porte-conteneurs. Mais sous la pression des règles environnementales de l’Organisation maritime internationale, le secteur a engagé sa mue depuis des années. Il devra ouvrir d’urgence un autre chantier, souligne Guy Platten, le secrétaire général de la Chambre internationale de la marine marchande, dans le Financial Times du 31 août : l’amélioration des conditions de vie des millions de travailleurs qui, eux aussi, ont permis la poursuite des échanges commerciaux sans obtenir la moindre reconnaissance. Et il y a fort à faire.


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