Economie

Bernard Arnault solde quatorze ans d’investissement chez Carrefour

Clap de fin. Bernard Arnault a annoncé, mardi 31 août, la cession du solde de sa participation dans Carrefour. Soit 5,7 % du capital détenu par le biais de la holding Agache. Le PDG de LVMH avait commencé à sortir du capital en septembre 2020, alors qu’il en détenait plus de 8 %.

A l’affût d’opportunités, M. Arnault avait fait irruption chez Carrefour il y a quatorze ans, en mars 2007, à la surprise générale, alors que l’action tournait autour de 48 euros – mardi, le cours de Bourse du groupe français valait 16,85 euros. Les milieux financiers s’étaient alors étonnés que l’empereur du luxe jette son dévolu sur un simple épicier. Sa holding, Groupe Arnault, alliée au fonds d’investissement Colony Capital, avait ramassé 9,1 % de Carrefour pour en devenir le deuxième actionnaire derrière la famille Halley. En 2011, Blue Capital, son véhicule commun avec Colony Capital, avait même franchi en hausse le seuil de 15 % du capital (à 16,02 %), au moment où l’action était retombée à 19,16 euros.

Paquebot lourd à manœuvrer

Une page se tourne dans l’actionnariat du groupe Carrefour. Aux côtés de Bernard Arnault fin 2020, la famille Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette, détenait par l’intermédiaire de la holding Galfa 12,46 % du capital, tandis que Peninsula, la holding du Brésilien Abilio Diniz, en possédait 7,65 %.

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M. Arnault avait soutenu la candidature d’Alexandre Bompard, au poste de PDG, en 2017, peu de temps après que ce dernier a réussi à marier Darty avec la Fnac. Il espérait alors que ce dynamique chef d’entreprise, qui rivalisait avec Amazon lorsqu’il était aux commandes de la Fnac, puisse redonner un coup de fouet à une entreprise en perte de vitesse.

Mais le paquebot Carrefour est lourd à manœuvrer, et Bernard Arnault a « déchanté, insatisfait par la lenteur de la transformation du groupe », estime un fin connaisseur de la situation. Le fiasco de la demande en mariage du canadien Couche-Tard, au mois de janvier, aura fini de le décourager. Celui-ci proposait à l’époque de valoriser Carrefour à 20 euros l’action, ce qui aurait permis à l’homme d’affaires de minimiser ses pertes. Mais face à l’opposition du ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, menaçant de refuser de donner son feu vert au titre du contrôle des investissements étrangers en France, les Canadiens ont fini par jeter l’éponge. A l’époque, Bernard Arnault avait fait passer à l’Elysée une note montrant qu’il n’y avait pas de fondement juridique à un blocage de l’opération par l’Etat.


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