Economie

Les Gafam, rois du lobbying à Bruxelles

Devant le siège de la Commission européenne, à Bruxelles (Belgique), le 25 mars 2021..

Ils sont 140 lobbyistes à frapper chaque jour à la porte des décideurs de l’Union européenne pour tenter de peser sur leurs décisions et de les rendre favorables aux dix plus grandes firmes mondiales du secteur numérique. Les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) évidemment, mais aussi IBM, Huawei, Vodafone, Qualcomm ou Intel. Sur les 98 sociétés de consultants installées à Bruxelles, 14 travaillent, en tout ou en partie, pour ces dix grands acteurs.

Et, afin d’obtenir des résultats, des lobbyistes de haut vol dépensent chaque année 32 millions d’euros. Ils ne sont pas les seuls sur la place bruxelloise : au total, près de 1 500 sont mobilisés par 612 compagnies du secteur technologique, selon une étude publiée mardi 31 août par les organisations Corporate Europe Observatory (CEO) et Lobby Control.

Tentatives de régulation

En quelques années, l’action du « lobby digital » dans la capitale des institutions européennes a donc largement surpassé celle des secteurs pharmaceutique, financier ou chimique. Son budget global serait de 97 millions d’euros − dix fois plus que celui de l’industrie automobile− et vise à influer sur les décisions d’une Union européenne qui, à en croire Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a l’ambition d’assurer un avenir numérique qui soit « le reflet du meilleur de l’Europe : ouvert, honnête, divers, démocratique, sûr ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Les entreprises françaises de la tech constituent un atout majeur dans la mise en place d’une réelle stratégie de souveraineté numérique »

« La situation actuelle est parfaitement à l’opposé », tranchent Max Bank, Felix Duffy, Verena Leyendecker et Margarida Silva, de CEO et Lobby Control, qui ont mené cette vaste enquête sur le pouvoir grandissant du lobby des Gafam et de leurs collègues.

Selon ces ONG, Google a ainsi consacré 5,75 millions d’euros pour tenter d’influencer les décisions de Bruxelles, Facebook 5,5 millions et Microsoft, 5,25

Les initiatives Digital Services Act et Digital Markets Act de la Commission entendent promouvoir « un espace stimulant l’innovation, la croissance et la compétitivité ». Près de 300 réunions ont eu lieu pour débattre du contenu de ces dispositions. L’industrie et ses consultants ont assisté aux trois quarts d’entre elles, affirme l’étude. Associations de consommateurs, ONG et syndicats, n’ont, en revanche, été conviés qu’à 52 reprises.

Sans surprise, ce sont les directions générales du marché intérieur et de l’économie digitale de la Commission qui intéressent le plus les lobbyistes : les commissaires Margrethe Vestager et Thierry Breton sont les principaux protagonistes de ces réformes. Les registres mentionnent respectivement 107 réunions avec les services de la première, 102 avec ceux du second. Vingt-deux réunions avec le cabinet de Mme von der Leyen ont aussi été répertoriées.

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