Economie

Dans la baie de Saint-Brieuc, « le parc éolien est devenu un espace politique »

Rassemblement de bateaux de pêche pour protester contre le chantier, en baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), le 7 mai 2021.

Le parc d’éoliennes en mer de la baie de Saint-Brieuc peut-il devenir un nouveau Notre-Dame-des-Landes ? Le site breton, qui dessine un entonnoir entre le cap d’Erquy et l’île de Bréhat, a été ces derniers mois le théâtre d’une contestation grandissante et hétérogène, opposée à la construction de 62 éoliennes offshore au large de la baie.

Des pêcheurs inquiets des effets de ces grands mâts sur les coquilles Saint-Jacques, des écologistes soucieux de la biodiversité et des riverains attachés à leur paysage, au gré d’alliances de circonstance, font désormais entendre leurs voix et rêvent de faire plier l’Etat, comme les « bonnets rouges » en leur temps ont obtenu l’abandon de l’écotaxe. Le chantier a fini par s’inviter dans l’agenda politique, si bien que plusieurs personnalités de droite y ont fait étape cet été, alors que les éoliennes s’annoncent comme l’un des thèmes porteurs de la campagne électorale de l’élection présidentielle de 2022.

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Michel Barnier a fait le déplacement en juin, Xavier Bertrand en juillet. Le 19 août, Valérie Pécresse est venue à la rencontre des pêcheurs, à la criée de Saint-Quay-Portrieux. La candidate à la primaire de la droite les a longuement écoutés. « Il y a dix ans, il n’y avait pas de pêcheurs sur cette zone, aujourd’hui il y en a, a-t-elle commenté à l’issue de la réunion. Les inquiétudes des pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc doivent être entendues. » La présidente de la région Ile-de-France se dit bien favorable aux énergies renouvelables « pour nous libérer des énergies fossiles », mais, interroge-t-elle, « faut-il s’arc-bouter sur un projet mal parti ou le réévaluer ? »

Hautes comme la tour Montparnasse

Au large, à 26 kilomètres de là, un navire géant dressé sur quatre pieds, l’Aeolus, a déjà commencé ses forages, pour installer les fondations des mâts des futures éoliennes, qui seront hautes comme la tour Montparnasse. Les travaux, débutés il y a quatre mois, avancent au ralenti. L’opérateur du chantier, Ailes marines, filiale de l’énergéticien espagnol Iberdrola, rencontre des difficultés à creuser dans les fonds marins de la baie. Loin des sols sableux où sont plantées les éoliennes en mer du Nord, le site breton recèle des filons de dolérite, une roche magmatique extrêmement dure.

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Depuis le début du chantier, deux épisodes de pollution sont survenus, les 14 juin et 28 juillet − des fuites de fluide hydraulique, utilisé pour les forages en mer. « Visiblement la dureté du sol n’a pas été prise en compte, chose inexplicable venant de grands industriels mondiaux. Comment on a pu faire une erreur technique de cette ampleur ? », déclare Mme Pécresse.

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