Economie

En rachetant « Politico », Axel Springer parie sur le renouveau du journalisme numérique

Qu’il ne soit pas dit qu’on ne peut pas gagner d’argent avec le journalisme à l’ère numérique. Le groupe média allemand Axel Springer, éditeur du tabloïd Bild et du quotidien conservateur Die Welt, a annoncé, jeudi 26 août le rachat du site d’information politique américain Politico pour une somme record, dont le montant exact n’a pas été rendu public. Le groupe allemand, qui n’est plus coté en Bourse depuis 2019, a simplement précisé qu’il s’agissait de « la plus grosse acquisition de son histoire », ce qui signifie que le montant de la transaction dépasse les 630 millions d’euros, qui est la somme dépensée en 2019 pour la reprise du site français d’annonces immobilières Seloger.com.

Lire notre reportage de 2014 : « Politico » : dans les coulisses d’une presse d’avant-garde

Ce n’est pas une surprise, car le groupe allemand s’intéresse depuis longtemps à Politico, fondé à Washington en 2007. En 2014, il avait cofondé le pendant européen du site (Politico Europe), au sein d’une coentreprise dont il détenait 50 % des parts. Avec cette transaction, il est désormais le seul propriétaire du média. Pour Mathias Döpfner, patron d’Axel Springer, l’importance de l’investissement est parfaitement justifiée. « Nous sommes convaincus d’avoir acquis Politico pour un prix très attractif », a-t-il déclaré au quotidien économique Handelsblatt, jeudi 26 août.

Modèle économique diversifié

Le modèle Politico a effectivement fait ses preuves, autant sur le plan éditorial qu’économique. A Washington comme à Bruxelles, le titre est considéré comme l’une des sources d’information les plus influentes dans les milieux politiques. A rebours de la tendance à la baisse des coûts et à la précarisation des journalistes, Politico défend un journalisme de qualité et de grande précision, soutenu par une rédaction fournie (500 rédacteurs au total) et un modèle économique diversifié, reposant sur la publicité et les abonnements premium.

« Les lecteurs sont prêts à dépenser de l’argent pour un journalisme de qualité », Mathias Döpfner, patron du groupe Axel Springer

Selon le groupe Axel Springer, 60 % des revenus de Politico Europe provenaient en 2020 de son offre Politico Pro, qui diffuse des informations ciblées aux professionnels, avec un abonnement au coût variable selon les besoins du client, à partir de 10 000 euros par an.

« Politico est hautement rentable, avec une marge de 30 %, assure au Handelsblatt Mathias Döpfner, qui croit à un tournant dans le secteur médiatique. Ces dernières années, les bases du journalisme numérique se sont considérablement améliorées. La situation juridique en matière de propriété intellectuelle et la prise de conscience par les plates-formes américaines qu’elles ne peuvent pas utiliser le contenu des médias sans rémunération ont eu un effet d’entraînement. Et surtout, les lecteurs sont prêts à dépenser de l’argent pour un journalisme de qualité. »

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