Economie

Du présentiel au distanciel, la révolution silencieuse du travail

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Publié aujourd’hui à 18h00, mis à jour à 20h42

« L’évolution n’est pas un long fleuve qui prend son temps. Elle procède avec des périodes de relative stabilité ou de changements progressifs entrecoupées de phases de changements rapides : les ponctuations, ou crises. » Le monde du travail traverse une de ces crises, parole du paléoanthropologue Pascal Picq. Le déploiement massif du télétravail pendant la pandémie de Covid-19 constitue un point de bascule, note le chercheur et professeur au Collège de France, dans son ouvrage Les Chimpanzés et le télétravail (Eyrolles, 252 p., 18 €). La fin de l’été ne marque pas seulement un retour en présentiel chaotique après dix-huit mois de crise sanitaire. La rentrée sera un moment de vérité. En septembre, les entreprises poseront les jalons de l’organisation du travail du futur.

« On a su passer en télétravail du jour au lendemain sans trop de difficultés. Sortir de dix-huit mois de travail à distance s’avère bien plus complexe », résume Jean-François Ode, directeur des ressources humaines (DRH) chez Aviva France. Pour encourager le retour sur site de ses salariés, la compagnie d’assurances mise sur la convivialité : machines à café gratuites et un été scandé de grillades et jeux de raquette dans le jardin du siège. A la rentrée, les collaborateurs seront accueillis par un discours du directeur général, dans le cadre d’un petit déjeuner.

« La pandémie a changé l’état d’esprit des collaborateurs », affirme le DRH. Les uns se reconvertissent pour avoir moins de contraintes horaires. D’autres ont la phobie des transports. « D’autres encore n’ont donné aucun signe de vie depuis le déconfinement. Et puis il y a ceux qui s’installent à plusieurs centaines de kilomètres de Paris. Les déménagements concernent, pour l’instant, une dizaine de personnes sur 3 000 collaborateurs, mais nous n’avons pas fini d’en entendre parler. Comment réagir ? Notre accord de télétravail permet d’être à distance au maximum deux jours par semaine », précise M. Ode.

Lire aussi « Le travail ne peut plus être un bunker qui tourne le dos au reste de la vie »

Selon une enquête de l’Association nationale des DRH (ANDRH), publiée le 7 juin, 30 % des DRH ont été confrontés à des salariés qui ont déménagé pendant la crise. « L’individuel prend le pas sur le collectif », s’inquiète Audrey Richard, présidente de l’ANDRH. Jusqu’où ira l’hybridation ? Entre septembre 2020 et avril 2021, le cabinet spécialisé dans les nouvelles pratiques du travail LBMG Worklabs a mené l’enquête auprès de 4 800 collaborateurs de grandes entreprises, organismes publics, PME et TPE. « En moyenne, les répondants souhaitent télétravailler 2,65 jours par semaine. Mais 19 % des personnes penchent pour quatre ou cinq jours par semaine », détaille Nathanaël Mathieu, président de LBMG.

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