Economie

Des randonnées pour revendiquer la place du piéton dans le Grand Paris

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Publié aujourd’hui à 05h43, mis à jour à 09h09

Deux accessoires suffisaient, ce jeudi de la mi-août, pour que de parfaits inconnus engagent la conversation, avant même que le train H de 9 h 34 pour Ecouen-Ezanville, première halte au vert derrière les grands ensembles de la banlieue nord, quitte Paris. « On va au même endroit, non ? », demande la dernière personne montée dans le wagon à celles déjà installées. Les chaussures de marche et le sac à dos de pique-nique ne trompent pas. « Et vous êtes inscrit à toutes les étapes ? », s’enquiert chacun, à l’image de ces échanges de tablée, le premier soir du GR20, pour savoir qui a signé pour deux semaines à travers la montagne corse.

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Ici, ni topoguide, ni bâton de marche, ni col à gravir, en revanche. Mais 200 km tout de même, onze étapes. Et des chemins à trouver pour franchir des autoroutes, des voies ferrées, contourner des aéroports, et retrouver des rivières dont on avait perdu la trace, explique, vingt minutes plus tard, l’homme en bermuda bleu roi qui, planté au milieu du rond-point de la gare, accueille le groupe de voyageurs avec des cartes format A3, des gommettes et du chocolat.

Devant la gare d’Ecouen, dans le Val-d’Oise, avec Vianney Delourme (cofondateur d’Enlarge Your Paris), le 19 août 2021.
Le groupe franchit le Petit Rosne, à Sarcelles (Val-d’Oise), le 19 août 2021.

Au pas des moutons

Des visages se reconnaissent. Est-ce lors du « gigot bitume » de Villejuif, dans le Val-de-Marne, et sa marche d’approche de 6 km, qu’ils se sont croisés ? C’était en 2020, on fêtait l’arrivée simultanée de deux des tunneliers qui creusent le futur métro du Grand Paris (200 km, 68 gares, d’ici à 2030). A moins que cela soit lors de cette improbable traversée de la Seine-Saint-Denis au pas des moutons des bergers de La Courneuve. « Paris est très marchable. La banlieue, on y a mis toutes les infrastructures, tout est marqué par la voiture. Votre travail, aujourd’hui, est d’imaginer des parcours piétons qui vont redessiner le territoire », explique Vianney Delourme, l’initiateur de ces drôles de sorties, dont le « Tour piéton du Grand Paris », deuxième édition cet été, et qui s’achève ce dimanche 29 août, passe désormais pour la discipline-phare.

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Rien n’est laissé au hasard dans le tracé de chaque étape. Voyez pour la première : 19 km entre le château d’Ecouen, joyau de la Renaissance, et la zone d’activités Paris-Nord 2. Une forêt, deux aéroports, des grands ensembles, deux rivières, le Croult et le Petit-Rosne, que le XXe siècle a enfermées dans des gangues de béton. Et, enfin, les terres du fameux Triangle de Gonesse, dont l’urbanisation, toujours d’actualité malgré l’épisode Europacity, est toujours controversée. Bref, un joli condensé des enjeux d’aménagement de la métropole francilienne.

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