Economie

Les salariés, victimes collatérales du réchauffement climatique

« Lors des canicules de l’été 2020, douze accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur ont été reconnus officiellement par l’Inspection médicale du travail, selon Santé publique France.  Cinq de leurs victimes exerçaient un métier dans l’agriculture ou la sylviculture. »

Incendies dans le Var, températures dépassant 50 °C en Turquie, inondations ravageant le sud-est de l’Allemagne… Cet été aura été terni par un enchaînement d’événements climatiques extrêmes. Appelés à se produire de plus en plus fréquemment, comme l’a rappelé récemment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les vagues de chaleur et autres événements consécutifs au réchauffement climatique ont des conséquences parfois dramatiques sur l’activité des entreprises et des salariés qu’elles emploient.

Lors des canicules de l’été 2020, douze accidents du travail mortels « en lien possible avec la chaleur » ont été reconnus officiellement par l’Inspection médicale du travail, selon Santé publique France. Peu d’informations ont filtré sur les victimes : onze hommes et une femme, âgés de 28 à 61 ans. Celles-ci travaillaient « principalement » à l’extérieur au moment de l’accident. Cinq d’entre elles exerçaient un métier dans l’agriculture ou la sylviculture.

Comme les fortes chaleurs, les fortes pluies apportent leur lot de victimes. Les professionnels intervenant sur des zones inondées le paient parfois de leur vie. En octobre 2020, la tempête Alex a notamment provoqué la mort d’un pompier, emporté par les eaux, dans les Alpes-Maritimes, et celle de deux ouvriers venus déblayer la zone du côté italien, rapporte France 24.

Accroissement des risques

Hormis les décès, l’impact des fortes chaleurs et des catastrophes naturelles sur les conditions de travail des salariés reste difficile à mesurer, le lien n’étant pas évident à établir. Le rapport annuel de l’Assurance-maladie ne donne pas de détails sur les accidents du travail potentiellement en rapport avec des événements climatiques extrêmes. « Sur tout ce qui touche à l’articulation entre environnement et travail, on est sur des enjeux nouveaux », fait valoir Sébastien Millet, avocat associé spécialiste du droit du travail et de la protection sociale au sein du cabinet Ellipse avocats. Il faut dire aussi que les conséquences du réchauffement climatique ont longtemps été sous-estimées, voire niées.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le réchauffement climatique lié aux activités humaines est connu depuis 40 ans

Pourtant les experts en santé publique s’accordent à dire que la multiplication annoncée d’épisodes climatiques extrêmes risque d’engendrer davantage de malaises et un accroissement des risques pour l’ensemble des travailleurs. Dans un rapport publié en 2018, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) lançait déjà l’alerte sur un « accroissement des risques liés à la charge physique de travail », mais aussi une « moins bonne récupération nocturne, [une] baisse de la vigilance et, en conséquence, davantage d’accidents du travail » : en période de fortes chaleurs, la fatigue accumulée par les individus les expose davantage à l’accident, pointe le rapport de l’Anses.

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