Santé

La Covid-19 tue comme si un venin se répandait dans le corps !


Alors que la pandémie n’a toujours pas pu être endiguée, les scientifiques continuent de chercher à mieux comprendre ce qui cause les cas les plus graves de Covid-19. Ils pourraient, cette fois, avoir identifié un mécanisme moléculaire clé responsable de sa mortalité. Une enzyme liée aux neurotoxines trouvées dans le venin du serpent à sonnette !

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Voici maintenant presque 50 ans que les scientifiques étudient l’enzyme qu’ils ont baptisée sPLA2-IIA. Certains l’appellent la « déchiqueteuse ». Parce qu’elle est capable, en cas d’infection bactérienne, de détruire les membranes cellulaires microbiennes. En s’attaquant à des graisses spécifiques que ces microbes portent sur la surface externe de leurs membranes. Et elle a récemment de nouveau fait parler d’elle. Dans le cadre de la pandémie de Covid-19.

Les chercheurs de l’université de l’Arizona (États-Unis) nous expliquent aujourd’hui qu’on trouve cette enzyme à de faibles concentrations chez les individus sains. Nous aidant ainsi à nous défendre contre les infections. Sans risque parce que, même si les cellules humaines portent aussi les fameuses graisses visées par sPLA2-IIA, c’est plutôt sur l’intérieur de leurs parois. De quoi les mettre à l’abri.

Mais chez des individus malades, lorsque des cellules commencent à mourir à cause d’une infection, ces graisses peuvent être exposées. Et lorsque sPLA2-IIA circule à des niveaux élevés dans le sang, la machine s’emballe. L’enzyme confond les mitochondries – les centrales énergétiques de nos cellules – avec des bactéries. Au lieu de viser simplement les cellules étrangères, elle se met à « déchiqueter » les nôtres.

Une nouvelle piste thérapeutique ?

Le lien avec la Covid-19 ? Celui que les chercheurs ont identifié en analysant des échantillons de plasma de plus de 250 patients. Une cohorte qui reste modeste, mais pour laquelle l’ensemble des paramètres chimiques utiles étaient disponibles. De quoi confirmer quelques facteurs de risque : l’âge, l’indice de masse corporelle ou encore une maladie préexistante. Mais aussi, s’intéresser aux enzymes biochimiques et aux niveaux de métabolites lipidiques présents dans le sang des patients.

« Nous avons pu identifier les schémas de métabolites présents chez les individus qui ont succombé à la maladie », explique Justin Snider, l’auteur principal de l’étude, dans un communiqué. Une corrélation entre les niveaux de sPLA2-IIA et les Covid-19 sévères qui suggère que l’enzyme pourrait être un facteur critique dans les cas mortels.

Chez la plupart des individus en bonne santé, les concentrations en sPLA2-IIA dans le sang oscillent autour d’un demi-nanogramme par millilitre (ng/ml). Selon l’étude, la Covid-19 s’est avérée mortelle chez 63 % des patients dont les niveaux de cette enzyme atteignaient ou dépassaient les 10 ng/ml. C’est encore cinq fois plus que chez les patients qui ont guéri de formes graves. « De nombreux patients décédés de Covid-19 présentaient certains des niveaux les plus élevés de cette enzyme jamais signalés », souligne Floyd Chilton, qui étudie sPLA2-IIA depuis plus de trois décennies. Jusqu’à plus de 1.000 ng/ml. La découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques. Mais d’autres études et surtout des essais cliniques devront être menés pour le confirmer.

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