Economie

Les tiers-lieux, laboratoires du monde d’après

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Publié aujourd’hui à 00h43

« C’est un lieu de citoyenneté où chacun peut s’exprimer et agir. Mais ç’a été longtemps difficile de faire comprendre ce qu’on est, car on sort des cases ! » Ophélie Deyrolle, présidente et cofondatrice du WIP (pour Work in progress), est fière de son bébé. En 2016, un groupe de courageux a retapé l’ancienne grande halle de Colombelles (Calvados), dernier vestige de la Société métallurgique de Normandie, avec sa cheminée réfrigérante aux airs de centrale nucléaire. Ici, à dix minutes en voiture du centre-ville de Caen, on trouve 3 000 m2 de tiers-lieu, réaménagés en bureaux partagés, restaurant local et bio qui affiche complet le midi, ateliers, lieu de représentation d’une troupe d’acteurs déguisés en astronautes, ou encore studio de radio.

Qu’ils soient espace de coworking, campus connecté, atelier partagé, fab lab, garage solidaire, friche culturelle ou maison de services au public, les tiers-lieux explosent, d’après le dernier rapport de l’association France Tiers-Lieux, publié le 27 août. Leur nombre est passé de 1 800 en 2018 à 2 500 en 2021, et atteindra 3 500 fin 2022.

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Les tentatives de définition de ce mot étrange, troisième voie entre la maison et le bureau, sont aussi nombreuses que les activités que l’on peut y trouver : espaces où l’on « crée du commun », lieux de « mobilisation locale pour l’intérêt général », « espaces physiques pour faire ensemble »… « C’est un lieu de partage, c’est un lieu où on fait des choses ensemble. On ne fume pas la moquette, on crée de l’activité économique et sociale », explique Patrick Levy-Waitz, président de l’association France Tiers-Lieux, qui organise depuis 2019 les réseaux de tiers-lieux et les relations avec les acteurs locaux et régionaux.

Dans la salle de coworking du WIP, à Colombelles, le 25 juin 2021.

Modèles hybrides

Ces projets s’inscrivent la plupart du temps dans l’économie sociale et solidaire, et de nombreux acteurs gravitent dans cet écosystème. Les modèles économiques sont variés, parfois hybrides : 62 % ont opté pour le statut associatif, quand 26 % sont des SAS ou SARL. D’après le rapport, les tiers-lieux hexagonaux reposent à 50 % sur des subventions publiques, et à 50 % sur des recettes en propre. Le WIP est une société coopérative d’intérêt collectif. Ses directeurs espèrent obtenir d’ici peu l’agrément d’entreprise solidaire d’utilité sociale. Le bâtiment est toujours détenu par les collectivités locales, et le WIP a obtenu un bail commercial.

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