Economie

« Le “quoi qu’il en coûte”, c’est fini », annonce Bruno Le Maire devant des patrons du Medef

Le ministre de l’économie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, lors de l’université d’été du Medef, à l’hippodrome de Longchamp, le 25 août 2021.

C’était le mot d’ordre du gouvernement depuis le début de la crise sanitaire. Le « quoi qu’il en coûte » – à savoir le soutien de l’ensemble des secteurs économiques par l’Etat – est désormais bel et bien « fini », a annoncé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mercredi 25 août, à l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef.

Durant la crise sanitaire, « nous n’avons pas compté l’argent public, parce que c’était responsable de le faire. Mais maintenant que l’économie française redémarre, que nous avons des perspectives de croissance à 6 %, le “quoi qu’il en coûte”, c’est fini », a déclaré M. Le Maire. « Nous sommes passés au sur-mesure, nous continuerons à soutenir ceux qui en ont besoin », a-t-il ajouté devant les patrons réunis à l’hippodrome parisien de Longchamp.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Université d’été du Medef : la campagne présidentielle au cœur des préoccupations des patrons

Des aides sectorielles maintenues

« Je leur donne rendez-vous lundi prochain, 30 août : le monde de la culture, des restaurateurs, les hôtels, les bars, le monde du tourisme, les voyagistes », a encore dit M. Le Maire à propos de la réunion qui doit se tenir à Bercy et décider du maintien de certaines aides aux entreprises liées à la crise sanitaire au-delà du 31 août. « Nous regarderons ceux qui ont perdu du chiffre d’affaires pendant cette crise sanitaire, pendant ce mois de passe sanitaire, et nous aiderons ceux qui ont perdu de l’argent à cause des réglementations sanitaires », a promis le ministre.

« Mais, pour le reste, que l’économie soit libre, qu’elle crée des emplois et de la richesse sans le soutien de l’Etat ! », a lancé le ministre, en écho aux paroles du président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. « Nous ne sommes pas des entrepreneurs pour vivre des aides de l’Etat », avait déclaré M. Roux de Bézieux, demandant lui aussi d’« arrêter le “quoi qu’il en coûte” ». Et d’ajouter : « Il est temps que l’Etat revienne à sa juste place. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : la sortie des dispositifs d’aide aux entreprises en question

Les exécutifs de Guadeloupe et de Martinique demandent des « ajustements » aux aides

Plus tôt dans la journée, Ary Chalus, président du conseil régional de Guadeloupe, et Serge Letchimy, président de la collectivité territoriale de Martinique, avaient écrit au premier ministre, Jean Castex, afin de demander « des adaptations de dispositifs existants » pour éviter « l’effondrement des économies insulaires ».

Mercredi, le confinement et le couvre-feu, en vigueur depuis le 30 juillet, ont été prolongés jusqu’au 19 septembre en Martinique ; la rentrée scolaire a été reportée au 13 septembre pour toutes les Antilles. « Après deux ans de crise, les acteurs économiques de nos deux îles partagent les mêmes constats », écrivent les deux présidents, qui énumèrent leurs difficultés à « honorer les échéances ainsi que leurs charges (…), à percevoir les aides », mais aussi « l’inadéquation de certains dispositifs avec leurs besoins ». Ils pointent également les conséquences en chaîne de l’arrêt de l’activité de certains secteurs sur « d’autres qui leur sont liés ». Pour éviter « le désastre social » des économies martiniquaise et guadeloupéenne, les deux exécutifs demandent donc au gouvernement le « maintien du fonds de solidarité jusqu’à la fin de la crise pour l’ensemble des secteurs d’activité ». Ils espèrent également « la suspension » de certaines conditions d’accès à ce fonds, rappelant que « 80 % des économies locales sont des très petites entreprises », dont plus de 50 % sont débitrices auprès de l’Urssaf, en Guadeloupe.

Début août, le gouvernement avait décidé d’« adapter les mesures d’aide économique d’urgence mises en place pour protéger les entreprises ultramarines des effets de la crise du Covid-19 ». Les entreprises fermées administrativement plus de vingt et un jours par mois (contre trente jours jusqu’à présent) et accusant plus de 20 % de perte de chiffre d’affaires ont ainsi pu bénéficier du fonds de solidarité « renforcé » (20 % du chiffre d’affaires dans la limite de 200 000 euros).

Les entreprises des secteurs dits « protégés » (tourisme, événementiel, culture, sports et loisirs, hôtellerie-restauration, transports, notamment, et les activités qui en dépendent) soumises à l’état d’urgence plus de vingt et un jours en août avaient également pu bénéficier du fonds de solidarité « renforcé » dans les mêmes conditions que pour le mois de juin, c’est-à-dire à hauteur de 40 % de leur perte de chiffre d’affaires (contre 20 % dans les autres territoires), dans la limite de 20 % de leur chiffre d’affaires et de 200 000 euros.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Dans les outre-mer, la crise liée au Covid-19 aggrave les fragilités structurelles

Le Monde avec AFP


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page