Economie

Au Danemark, une recette éprouvée pour l’emploi des jeunes

Des lycéens danois fêtent l’obtention de leur diplôme à Copenhague, en juin 2019.

« Quand mon meilleur ami du lycée m’a avoué qu’il n’avait pas de petit job après les cours, il m’a choqué : je ne connaissais personne dans ce cas », raconte Anna Toullec. A 19 ans, elle vit à Fredericia, petite bourgade portuaire du Jutland, la péninsule danoise reliée au continent européen. Et comme tous les jeunes Danois, elle travaille après ses journées de classe ou le week-end depuis ses 14 ans : dans un café, dans un supermarché ou dans une boulangerie. Tous les jeunes Danois ? « Oui, tous : ici c’est la norme. Pas chez vous ? »

Petits boulots dès la fin du collège, autonomie précoce : voilà l’un des ingrédients expliquant la bonne insertion professionnelle des moins de 25 ans au Danemark. Comme dans l’ensemble des pays nordiques, la proportion des 15-29 ans ni en emploi, ni en éducation, ni en formation (les « NEET », en anglais) est plus basse que dans le reste de l’Europe. Au premier trimestre 2021, elle était de 7 % en Suède et 9,5 % au Danemark, contre 13,2 % en France, 15 % en Espagne et 24,2 % en Italie, selon Eurostat.

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« Les résultats des pays nordiques en matière d’accompagnement des jeunes vers le marché du travail sont impressionnants, tout comme la fluidité entre l’emploi et la reprise des études, a déclaré la ministre du travail, Elisabeth Borne, le 24 août, en visite dans le Pôle emploi de Fredericia. Nous souhaitons nous inspirer de leurs bonnes pratiques ». Pour lutter contre le phénomène des NEET, encore aggravé par la pandémie de Covid-19, le gouvernement français prévoit d’instaurer un « revenu d’engagement », dont les modalités seront annoncées en septembre. Ciblé sur les jeunes précaires, il devrait élargir l’actuelle garantie jeunes (497 euros par mois) versée aux 16-25 ans en difficultés, avec un accompagnement vers l’emploi mené par les missions locales.

Philosophie très différente de l’approche française

Le Danemark, à l’instar de la Suède, déploie des dispositifs similaires, axés sur les jeunes en difficultés. Mais pour le reste, l’ensemble de leur système, tout comme la place des jeunes dans les sociétés nordiques, relève d’une philosophie très différente de l’approche française. En effet, les aides tricolores ont été façonnées par la tradition familialiste, où la famille prend en charge les 18-25 ans, considérés comme de grands enfants.

Voilà pourquoi le montant des bourses étudiantes dans l’Hexagone est défini en fonction du revenu des parents, qui bénéficient en outre d’une demi-part fiscale ou de l’aide personnalisée au logement quand leur enfant de moins de 25 ans est encore rattaché à leur foyer. Voilà aussi pourquoi le RSA n’est pas ouvert aux moins de 25 ans – de crainte, en particulier à droite, qu’un « RSA jeune » décourage le travail et les études.

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